Le chef d’Abaaoud identifié comme un Molenbeekois

Ju. B.
Le chef d’Abaaoud identifié comme un Molenbeekois
©Photo News

L’ombre de "Padre" avait hanté le procès de la cellule de Verviers. Il se nommerait Dniel Mahi.

Qui est "Padre", l’homme auprès duquel Abdelhamid Abaaoud, coordonnateur des attentats de Paris, prenait ses ordres ? Selon une information de "Het Laatste Nieuws", développée par "La Dernière Heure", cet homme a été identifié. Il s’agit d’un Molenbeekois nommé Dniel Mahi.

Le nom Padre est apparu pour la première fois l’an dernier lors du procès de la cellule terroriste de Verviers. Il se révélait à l’écoute d’une conversation téléphonique entre Abaaoud et Sofiane Amghar, l’avant-veille de l’attaque de la planque par les forces spéciales qui a vu la mort du second.

Amghar interpelle ainsi Abaaoud : "Padre, il disait que dès qu’il y a dix, tu préviens […] Ça veut dire, dès qu’on arrive à dix, il a dit que tu dois prévenir."

Le tribunal en a conclu que la cellule de Verviers se plaçait "sous l’autorité d’Abaaoud Abdelhamid et de son supérieur nommé Padre".

Mohamed Arshad, autre membre de la cellule, avait alerté Abaaoud pour qu’il demande de sermonner un djihadiste resté en Syrie. Pendant l’audience, le président du tribunal n’a cessé de demander aux prévenus qui était ce Padre. Aucun n’a répondu.

En juillet dernier, le directeur général de la DGSE a affirmé devant la commission d’enquête française qu’Abaaoud se plaçait sous les ordres de ce Padre, toujours pas identifié.

Un post sur Facebook de 2015

Le parquet fédéral n’en disait pas plus à ce sujet. "Het Laatste Nieuws" a retrouvé un post sur Facebook datant de 2015, et représentant un certain Padre, pris en photo avec un jeune homme identifié comme Younès, le petit frère d’Abdelhamid Abaaoud, celui-là même qui avait été enlevé à ses parents molenbeekois.

L’homme sur la photo est Dniel Mahi, 30 ans, originaire de Molenbeek. Sa "kunya" (son surnom) est Abou Idriss, et il est originaire de Nador (Maroc). Mahi est parti depuis la Belgique vers la Syrie le 20 janvier 2014, soit le même jour que les frères Abaaoud.