Publifin : des remboursements au cas par cas

A. C.
Publifin : des remboursements au cas par cas
©photo news

PS, MR et CDH divergent dans leur attitude face aux mandataires qui ont perçu d’importantes rémunérations chez Publifin.Pour Anne Delvaux, c’est fait. L’ancienne élue CDH nous a confirmé mardi avoir "fait le nécessaire pour reverser les montants perçus nets de Publifin" à l’action contre la pauvreté Viva For Life. Pour les autres mandataires, les consignes des partis étaient variables.

Le CDH avait demandé à ses mandataires membres des comités de secteur de Publifin de rembourser les sommes "indues", c’est-à-dire perçues sans qu’ils n’aient pour autant assisté aux réunions. Mais, mardi, "La Meuse" écrivait que le CDH de l’arrondissement de Liège avait demandé à ses membres concernés (Vinciane Pirmolin, Laurence Cuipers et Alain Defays, puis Luc Lejeune) de ne pas s’exécuter tout de suite parce que le terme "indu" demandait des clarifications.

"Ils n’attendront rien du tout […] à défaut de quoi, des mesures seront prises par le parti", a réagi le chef du groupe CDH au Parlement wallon, Dimitri Fourny, sur La Première. Confirmation du parti dans l’après-midi. "Les émoluments perçus sans présence aux réunions doivent être remboursés à Publifin. Si cette décision n’est pas respectée, le comité de déontologie et d’éthique prendra des sanctions. Cela peut aller jusqu’à l’exclusion." Un comité de déontologie dont Dominique Drion a démissionné mardi de la présidence, écrivait LeSoir.be. Il faut dire que l’intéressé, ex-président du CDH liégeois, apparaît dans la structure de Publifin/Nethys à des postes clés…

Etude sur la légalité des rémunérations

Cela dit, le CDH liégeois n’est pas seul à s’interroger. Daniel Bacquelaine, président de la fédération liégeoise du MR, attend les conclusions de l’étude commandée par le ministre wallon Paul Furlan (PS) sur la légalité des rémunérations. Entre-temps, dit-il, "chacun doit juger en son âme et conscience si les montants perçus sont justifiés". Il cite Marie-Noëlle Mottard, qui a touché 67 198 euros pour six réunions sur sept d’un comité de secteur. "Elle considère qu’elle a beaucoup travaillé, y compris en tant qu’administratrice de Publifin, une fonction pour laquelle elle n’était pas payée parce qu’elle touchait déjà une rémunération via le comité de secteur. Mais il est vrai qu’il est inacceptable que les rémunérations ne tiennent pas compte de la présence effective aux réunions."

Enfin, pour le PS, les conclusions de l’étude du ministre Furlan dicteront l’attitude à adopter. "Si les rémunérations sont illégales, il est évident qu’elles devront être intégralement remboursées. Mais, même en l’absence de problème de légalité, il y a de toute façon un problème éthique. Elio Di Rupo a dès lors demandé aux personnes concernées de reverser les montants perçus à des associations. Claude Emonts, par exemple, a d’ores et déjà indiqué qu’il rembourserait. Pour les sanctions, il faudra voir dans quel cas de figure on se trouve (illégalité ou non)."