Enseignement : Le syndicat libéral rejette la mouture actuelle du Pacte d'excellence

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Enseignement : Le syndicat libéral rejette la mouture actuelle du Pacte d'excellence
©Jean Luc Flemal

Après la CGSLP-Enseignement vendredi, c'est ce mardi la SLFP-Enseignement, le syndicat libéral, qui rend un avis négatif sur le Pacte d'excellence et ses grandes orientations.

À plus de 64%, il rejette le Pacte, estimant qu'à l'heure actuelle il fait preuve d'un manque de précisions quant à sa mise en oeuvre notamment.

"Notre organisation syndicale rejette donc le projet de réforme de l’enseignement mais pas de manière catégorique et souhaite continuer à prendre part aux débats qui seront d’une importance capitale dans l’avenir de notre enseignement et dans la carrière de l’enseignant", précise un communiqué envoyé ce mardi.

Ce "non, sauf si", le syndicat libéral l'explique de multiples manières. 

Il estime ainsi qu'il reste "trop de flou et d’incertitudes sur la globalité du projet". Qu'il y a une dommageable "opacité sur le budget alloué au projet". Il redoute les pertes d'emplois qu'il engendrera à la suite d'une suppression d’options, notamment dans le qualifiant.

Plus fondamentalement, c'est aussi le choix d'un tronc commun jusque 15 ans que rejette le syndicat. "Les inquiétudes sont énormes en ce qui concerne la mise en place du tronc commun jusqu’à la 3e secondaire incluse, précise-t-il. Que fera le jeune indécis au sortir de cette 3e ? Que fera le jeune qui veut se tourner directement vers un métier à 13 ans et qui risque d’être dégoûté par l’obligation de tronc commun ? En d’autres termes, un tronc commun tel que celui-ci est-il réaliste ? Il est perçu comme un formatage de l’élève alors qu’il doit idéalement veiller à l’hétérogénéité des élèves (chaque élève est unique et doit être suivi à son propre rythme). Il faut aussi préparer l’enfant à l’échec en même temps qu’on le pousse à la réussite, c’est pourquoi une épreuve certificative à 15 ans nous semble insuffisante."

Par ailleurs, le syndicat demande plus de moyens pour les centres PMS, plus de certitudes sur la taille des futures classes, l'apprentissage du latin et la réforme des rythmes scolaires. Il exige enfin plus d'informations concernant la réforme de la formation initiale des enseignants.

La donne est donc claire, dans sa mouture actuelle, le syndicat refuse le Pacte, mais laisse la porte des négociations ouvertes si la ministre de l'Education Marie-Martine Schyns entend ses doutes et ses craintes. La ministre devrait se prononcer une fois que tous les acteurs de l'école auront rendu leurs avis d'ici la semaine prochaine.