L'artificier des attentats de Paris et Bruxelles identifié

J.La
L'artificier des attentats de Paris et Bruxelles identifié
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Ce Syrien était l’artificier des attentats, le mentor de Najim Laachraoui.

Il serait le seul acteur important des attentats de Paris en fuite. Selon toute vraisemblance, celui qui est entré en Europe sous le faux nom d’Ahmad Alkhald - né le 1er janvier 1992 en Syrie - a en effet joué un rôle actif dans les attentats de Paris et, plus indirectement, dans ceux de Bruxelles. C’est lui qui aurait, avec Najim Laachraoui qui se fera exploser à Zaventem le 22 mars 2016, confectionné les gilets explosifs utilisés à Paris. Ce même Najim Laachraoui aurait sollicité, lorsqu’il contactait Raqqa au départ de Bruxelles, les conseils de ce Alkhald pour confectionner le TATP qui sera utilisé à Zaventem et à Maelbeek.

Alkhald est signalé internationalement : un mandat d’arrêt européen et un mandat d’arrêt international ont été lancés contre lui. Son parcours entre la Syrie et la Belgique a été retracé mais on perd sa trace à Vienne, qu’il a rejointe et quittée le 16 novembre 2015, trois jours après le drame parisien.

L’inculpé qui a le mieux connu le soi-disant Ahmad Alkhald est vraisemblablement Osama Krayem, le Suédois arrêté le 9 avril, le même jour que Mohamed Abrini, "l’homme au chapeau".

Osama Krayem, qui aurait renoncé au dernier moment à se faire exploser dans le métro avec Khalid El Bakraoui, pense qu’Ahmad Alkhald serait originaire de la région d’Alep.

Convoyé en Belgique par Abdeslam

Krayem et Alkhald se seraient rencontrés sur le chemin des migrants en Macédoine. Leur trace passe par Ulm (Allemagne) où Osama Krayem a loué, sous un faux nom, deux chambres à l’hôtel Ibis.

Salah Abdeslam est venu les chercher là-bas le 3 octobre 2015. Abdeslam a ramené trois hommes en Belgique. Outre Krayem et Alkhald, il y avait aussi Sofien Ayari, le Tunisien qui sera arrêté avec Salah Abdeslam à Molenbeek quatre jours avant les attentats de Bruxelles.

Comme à chacune de ses missions de convoyage, Abdeslam avait emporté de fausses cartes d’identité belges. Alkhald en recevra une au nom de Yassine Noure, né le 18 août 1983.

En Belgique, sa trace se retrouve dans deux planques des terroristes qui frapperont à Paris : rue Radache, à Auvelais, louée par Najim Laachraoui, et rue du Fort à Charleroi, d’où partira, le 12 novembre, le "convoi de la mort" vers Paris. A Auvelais, il aurait notamment démonté une machine qui servira à la confection des explosifs.

L’artificier de Paris

L’ADN du soi-disant Ahmad Alkhald a été retrouvé sur deux des gilets explosifs qui ont été emmenés à Paris le 13 novembre : le gilet que Brahim Abdeslam a déclenché au comptoir Voltaire et le gilet sans dispositif de mise à feu, présumé défectueux, qui avait été abandonné par Salah Abdeslam à Montrouge.

Ahmad Alkhald avait cependant alors déjà vraisemblablement quitté la Belgique. Le 1er novembre 2015, il a été contrôlé par la police hongroise dans un train Vienne-Belgrade. Il avait déclaré venir d’Ulm et vouloir se rendre en Turquie. Sa trace s’est perdue le 16 novembre 2015 à Vienne, d’où il a pris un vol Vienne-Ankara (via Istanbul). Il aurait alors rejoint Raqqa, la capitale de l’Etat islamique, d’où il aurait aidé Najim Laachraoui à préparer les explosifs, en quantité bien plus importante qu’à Paris, qui seront utilisés à Bruxelles.

Les enquêteurs ont, en effet, retrouvé un fichier audio intéressant dans l’ordinateur abandonné par les kamikazes de Zaventem dans une poubelle de la rue Max Roos, à Schaerbeek.

Artificier mentor de Laachraoui

Pour communiquer avec ses commanditaires à Raqqa, que ce soit pour faire rapport ou obtenir des consignes, Najim Laachraoui envoyait des fichiers audio via des canaux sécurisés et cryptés. Ce fichier a été envoyé entre le 15 février et le 15 mars 2016.

Najim Laachraoui demande à son contact de consulter un certain "Mahmoud". Ce Mahmoud serait Ahmad Alkhald. Les questions sont précises. Elles ont trait aux proportions à utiliser pour la confection du TATP.

Faire sauter des trains

Najim Laachraoui n’a pu obtenir dans le commerce que des produits aux concentrations moindres que celles qui sont requises. Il demande l’impact que cela peut avoir sur la confection. Il demande aussi des schémas électriques de commandes à distance et voudrait qu’on les lui envoie par vidéo ou, à défaut, sur dessin.

Il propose aussi que "Mahmoud" effectue des tests à Raqqa avec du TATP disposé en dessous de rails de chemin de fer. Ce qui laisse entendre qu’il a un moment envisagé de faire sauter des trains.

"Demande à Mahmoud qu’il fasse ça en dessous des rails chez vous là, à Raqqa, tu vois dans la périphérie de Raqqa, je me souviens il y avait des rails tu vois… ?"