Publifin: Démissionnaire, André Gilles fait profil bas sans convaincre les députés

BELGA et Rédaction en ligne
Publifin: Démissionnaire, André Gilles fait profil bas sans convaincre les députés
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Le président de Publifin et de Nethys André Gilles faisait profil bas jeudi, devant la commission d'enquête Publifin, présentant plusieurs fois des regrets aux députés, mais il échouait toujours à les convaincre sur sa non-responsabilité dans les dysfonctionnements des comités de secteur, où étaient pratiquées des rémunérations importantes sans obligation de prester.

M. Gilles s'est excusé du faux bond qu'il a dû faire il y a 15 jours à la commission d'enquête pour cause de maladie. Tentant de clarifier plusieurs explications qu'il avait déjà fournies devant la commission spéciale, il ne semblait toutefois pas en mesure de convaincre les députés.

Il a ainsi parlé d'"erreur de vocabulaire" pour justifier la confusion qui persiste selon lui sur le statut des comités de secteur. Ces organes sont bien consultatifs, a-t-il insisté, ce qui entraîne que le CA pouvait les créer et décider des rémunérations. Il se fonde sur un article des statuts de l'intercommunale (article 29), mais le cdH Dimitri Fourny lui en oppose un autre (article 35) qui aurait nécessité une approbation des rémunérations par l'assemblée générale, et donc les communes. Cette confusion "crée un dû à l'égard des communes d'un montant de 2,5 millions d'euros", selon le député.

C'est ce genre de confusion légale qui fait dire aux observateurs que le groupe Publifin a développé un système obscur pour permettre de rémunérer grassement des mandataires publics sans contrepartie valable.

André Gilles démissionne

André Gilles, président de Publifin et de Nethys, va quitter ses responsabilités de président de Publifin et au sein du collège provincial de Liège, annonce-t-il jeudi dans un communiqué de presse transmis à l'agence Belga.

"J'ai décidé de présenter ma démission de mes fonctions de président de Publifin à l'issue de l'assemblée générale du 30 mars prochain", précise-t-il. Il quittera son poste de président du collège provincial le lendemain, ajoute-t-il. André Gilles figure au coeur du scandale frappant le holding public Publifin depuis le début de l'année. Jeudi, la commission d'enquête du Parlement wallon a été informée par le parquet de Liège de soupçons d'abus de biens sociaux et de faux en écritures touchant notamment André Gilles et Stéphane Moreau.

"La pression médiatique est devenue telle qu’il a fallu que je m’interroge sur ce qu’il convient de faire en ayant pour seule préoccupation l’intérêt de l’intercommunale, PUBLIFIN, du Groupe, de ses travailleurs et de tous ses clients et fournisseurs. La pression fut aggravée par un rapport administratif allant jusqu’à mettre entre guillemets de prétendues obligations pesant sur les administrateurs en tronquant – sans doute par inadvertance – la vérité des textes. Il est alors indispensable que le calme revienne. Il est légitime de s’interroger sur le fonctionnement et les objectifs poursuivis par une intercommunale mais il faut que les réponses puissent être écoutées et entendues, que le cas échéant sur tel ou tel point des évolutions puissent être décidées."

"Dans l'intérêt" de Publifin

M. Gilles explique quitter ses fonctions de président du holding public "dans le seul intérêt de l'intercommunale". "Il est indispensable que le calme revienne", fait-il valoir, avant de déplorer ce qu'il qualifie de "Publifin bashing" et qui frappe également la province de Liège.

"J’ai supporté les articles calomnieux, les caricatures qui révoltaient mes proches, les journalistes campant devant la maison pour « vérifier » de leurs yeux si le sexagénaire que je suis pouvait effectivement, après les semaines épouvantables traversées, rencontrer de sérieux problèmes de santé. Mais ce qui m’est insupportable, c’est de voir, non seulement le Parti socialiste, mais aussi la Province de Liège, celle dont les liégeois peuvent être très fiers, atteints par les attaques qui me visent."

"J'ai décidé, après avoir démissionné de mon mandat de membre du bureau du parti socialiste, de quitter mes responsabilités provinciales, non pas parce que M. Crucke ou qui que ce soit me le demande, mais bien librement, de mon propre chef et la tête haute", ajoute M. Gilles.

André Gilles est actuellement le président du collège provincial de Liège.

Jean-Claude Marcourt salue la démission d'André Gilles

Le vice-président PS du gouvernement wallon Jean-Claude Marcourt a salué jeudi, en son titre de président de la fédération provinciale du PS liégeois, la démission d'André Gilles (PS) à la province de Liège.

"Ce faisant, André Gilles choisit de privilégier l'institution et, à travers elle, les agents qui la font vivre", estime M. Marcourt.

La Fédération provinciale se réunira dans les prochains jours pour envisager sa succession.

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