"Les attentats de Bruxelles nous ont plongés dans la pauvreté" (TEMOIGNAGE)

Photos Bernard Demoulin: Quatre victimes des attentats du 22 Mars
Photos Bernard Demoulin: Quatre victimes des attentats du 22 Mars ©© Bernard Demoulin
J. Th.

Orphée, 34 ans, a été blessée au visage et a subi un traumatisme important lors des attentats du 22 mars 2016. Son mari et elle se trouvent aujourd’hui dans d’immenses difficultés financières. "On est à bout aujourd’hui et on ne sait plus quoi faire. Mon mari avait déjà vendu sa voiture. Je viens de vendre la mienne également pour tenter de faire face à la situation. Les assurances et l’Etat ne nous ont pas aidés. Ces attentats nous ont tout fait perdre. Aujourd’hui, on est à trois à vivre avec la mutuelle. C’est-à-dire 1 300 euros", nous explique-t-elle vendredi, à quelques jours de la date de commémoration.

A l’instar de cette mère de famille, douze mois après le drame, un certain nombre de victimes doivent à la fois apprendre à vivre avec leurs blessures et leurs traumatismes, tout en étant plongées dans une situation financière plus que difficile. "Je venais d’ouvrir un salon de coiffure peu avant les attentats et il n’était pas encore rentable. J’ai dû le fermer après le drame car je devais me soigner et c’était impossible pour moi de travailler. Quant à mon mari, il a arrêté son activité d’indépendant pour s’occuper de moi. On est indépendants et on n’a donc pas droit au chômage. On vit aujourd’hui à trois avec 1 300 euros, moi, mon mari et mon fils de trois ans. C’est une situation scandaleuse. On est à bout", insiste Orphée.

Malheureusement pour le couple, il ne disposait pas des assurances adéquates et les montants qu’il a reçus ont été dérisoires. "J’ai reçu 2 000 euros de la Stib et 7 000 euros de l’Etat. Vous imaginez ! Ce ne sont pas des montants avec lesquels on a pu tenir. On avait accumulé des économies pendant quinze ans. Tout est parti en poussière. Aujourd’hui, on ne sait pas comment on va s’en sortir", explique celle qui vient de rouvrir un salon de coiffure dans la rue de Namur, dans le centre de Bruxelles.