Stib, Ville de Bruxelles, SNCB, hôpitaux... Comment changent ces institutions depuis les attentats?

Jean-Claude Matgen
Stib, Ville de Bruxelles, SNCB, hôpitaux... Comment changent ces institutions depuis les attentats?
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Les attentats de Bruxelles ont amené diverses institutions à adopter de nouvelles mesures de sécurité afin de mieux protéger leur personnel ainsi que le public en contact avec elles.

1 - La Société des transports intercommunaux bruxellois a réagi

Comme nous l’a expliqué Maxime Rapaille, "chief security officer" à la Stib, la fréquentation des transports en commun bruxellois est revenue à la normale en septembre, après une baisse dans les semaines qui ont suivi les attentats et pendant l’été, en raison d’une diminution du nombre de touristes dans la capitale. Dans un premier temps, de nombreux usagers ont privilégié le réseau de surface. D’autres se sont tournés vers la marche ou le vélo. Mais au bout de quelques semaines, beaucoup d’utilisateurs des transports en commun ont repris leurs habitudes.

Maxime Rapaille explique que dans un premier temps, la présence de policiers et de militaires était très visible sur le réseau. "C’était une décision des autorités, pas de la Stib. Des fouilles ont également été pratiquées aux entrées des stations de métro mais elles ont été assez vite abandonnées car elles ne faisaient que déplacer le risque. Progressivement, on en est revenu à une gestion plus conviviale."

Pour autant, le facteur sécurité est largement pris en compte. "Nous avons mis au point des procédures qui privilégient les contacts avec les autorités, la police, le centre de crise, Bruxelles Mobilité, etc. Nous avons également développé en interne une culture de la vigilance, partant du principe que notre personnel en station est le mieux à même de l’appliquer car il connaît bien son environnement. Nous comptons aussi sur l’aide des usagers, d’où le lancement du numéro 1707 qu’ils sont censés appeler s’ils remarquent quelque chose d’anormal."

Enfin, les nouvelles infrastructures seront conçues en tenant compte de paramètres en lien direct avec la menace terroriste.

2 - La SNCB a multiplié les caméras et renforcé le personnel de Securail

Le nombre de voyageurs (115,8 millions) a baissé de 0,8 % au cours des six premiers mois de 2016. Par ailleurs, la gare de Brussels Airport a été fermée jusque début juin. "Mais la suite fut nettement meilleure", nous a confié Thierry Ney, l’un des porte-parole de la société des chemins de fer. " La SNCB a reçu une enveloppe du gouvernement fédéral (14 millions d’euros, plus 6,5 millions récurrents) qui nous a permis de faire passer le personnel de Securail de 500 à 600 agents et d’acquérir de nouvelles caméras de surveillance. Il y en a désormais 9 000 sur le réseau, dont 3 600 à bord de nos trains. Des portiques équipés de scanners ont été livrés dans les gares, de Liège, d’Anvers et de Bruxelles-Midi."

3 - Les hôpitaux protègent davantage leurs patients, leur personnel et les visiteurs

Des mesures de sécurité nouvelles ont également été prises dans les hôpitaux. A Saint-Luc, par exemple, des caméras de surveillance supplémentaires (connectées avec le dispatching de la police) ont été installées, le nombre d’entrées a été réduit et, pour accéder à certaines parties des cliniques, le port de badges est désormais imposé au personnel, aux patients et aux visiteurs. En outre, les gestionnaires des cliniques universitaires se sont inspirés d’exemples asiatiques pour "découper" leur hôpital en sections qui pourraient, en cas d’attaque terroriste, être automatiquement verrouillées (pour freiner la progression des auteurs) ou ouvertes (pour faciliter l’évacuation des patients et du personnel).

4 - A Bruxelles, les grands événements ont retrouvé de leur superbe

Les grands événements organisés à Bruxelles sont à nouveau fréquentés comme avant les attentats. La "crise" a surtout été ressentie après le "lockdown" instauré à Bruxelles après les attentats de Paris, en novembre 2015, puis après Bruxelles et ce jusqu’en juin 2016. L’attaque de Nice, le 14 juillet, a aussi eu un impact. Depuis décembre, la tendance est à la hausse. Exemple : les "Plaisirs d’Hiver", qui ont beaucoup souffert en 2015 (moins 600 000 visiteurs) ont battu tous les records en 2016 (2,4 millions de visiteurs). Les attractions ont souffert mais peu d’événements ont été annulés et les concerts, dont le public est surtout local, ont été peu impactés.