Polémique autour des F-16: la commission attend les résultats de l'enquête de la coalition internationale

Polémique autour des F-16: la commission attend les résultats de l'enquête de la coalition internationale
©DEMOULIN BERNARD
Belga

Il faut attendre les résultats de l'enquête de la coalition internationale contre Daesh avant de tirer des conclusions sur l'implication éventuelle des F-16 belges dans un bombardement à Mossoul qui a fait de nombreuses victimes civiles, est-il ressorti lundi de la réunion à huis-clos de la commission parlementaire de suivi des opérations militaires. Le ministre de la Défense, Steven Vandeput, et plusieurs responsables militaires, ont exposé à huis-clos à la commission une série d'informations dont ils disposent. La discrétion était de mise à l'issue de la réunion.

"Il faut attendre les résultats de l'enquête de la coalition internationale", a dit et répété le ministre, précisant toutefois: "on sait exactement ce qu'on a fait". L'enquête sera approfondie, a-t-il précisé, et pourrait dès lors durer plusieurs semaines. Il n'y aura pas d'enquêteur belge, apprenait-on par ailleurs.

L'enquête devra notamment déterminer quelle est l'origine de l'explosion constatée le 17 mars, si elle est due à la frappe de la coalition internationale mais aussi quelle est l'implication de Daesh. A bonne source, l'on faisait remarquer que les bombes qui équipent les appareils belges ne peuvent en principe pas provoquer de telles explosions.

"Il faut être conscient que la guerre à Mossoul est une sale guerre et que la coalition internationale est confrontée à des crimes contre l'humanité de Daesh, comme l'utilisation de boucliers humains", a indiqué le général-major Frederik Vansina, patron de la composante aérienne de la Défense.

L'une des questions qui doit trouver une réponse est le respect des règles d'engagement par les pilotes belges ce jour-là.

"Depuis le premier jour de notre intervention jusqu'à ce matin, tous nos engagements se sont déroulés dans le respect des règles d'engagement", a assuré M. Vansina, en précisant qu'il s'exprimait de manière générale.

L'opposition avait exhorté le gouvernement et la Défense à faire la clarté sur les événements du 17 mars. Le président de la commission, Francis Delpérée (cdH), a annoncé dimanche soir dans un communiqué qu'il réunirait celle-ci ce lundi. "Il fallait dépassionner cette question et mettre les choses à plat. Nous avons appris, nous avons compris. Nous attendons les résultats de l'enquête", a souligné le député.

"Une séance très intéressante", a jugé pour sa part le député Wouter De Vriendt (Groen-Ecolo) selon qui de nombreuses informations ont été fournies. A ses yeux, le gouvernement doit se montrer plus proactif quand ce genre d'événement survient de manière à éviter de créer un "flou artistique" qui sert la propagande de Daesh.

Dans la majorité, des doigts accusateurs étaient tendus en direction de l'opposition. Damien Thiéry (MR) a mis en cause un "coup médiatique". "C'est l'image de notre armée qui en pâtit", a-t-il lancé, estimant que certains devraient présenter des excuses si les pilotes belges étaient blanchis.

Les écologistes et le sp.a se sont exprimés au cours du week-end à ce sujet. Ils n'ont pas mis en cause l'intervention des F-16 belges le 17 mars mais réclamé, parfois vivement, la transparence sur la question. Lundi, les socialistes étaient absents.