La facture totale du RER estimée pour l'heure à 3 milliards d'euros

Ariane van Caloen et Belga

Le ministre François Bellot demande à Infrabel de supprimer les ART en échange d’un endettement plus élevé. La facture totale des travaux du RER devrait atteindre quelque 3 milliards d'euros. Un montant qui correspond à 1,956 milliard d'euros dépensés pour les travaux déjà réalisés auquel s'ajoute un montant d'1,05 milliard d'euros dernièrement décidé par le gouvernement fédéral à l'initiative du ministre de la Mobilité, François Bellot, afin de terminer le RER.

Des trains qui attendent quelques minutes en gare ou qui réduisent leur vitesse compte tenu de l’état de l’infrastructure, ce n’est plus possible. Finis ce qu’on appelle les ART, pour avis de ralentissement temporaire. Le ministre de la Mobilité, François Bellot (MR) a donné cette injonction à Infrabel, le gestionnaire du réseau des chemins de fer belges. "On refuse les moindres ART sauf pour des raisons circonstancielles mais pas pour des raisons budgétaires. On a dit à Infrabel d’assurer le maintien de la capacité du réseau à tous les endroits", a-t-il souligné lors d’une rencontre avec la presse.

Cette injonction est contrebalancée par une révision à la hausse du niveau de la dette d’Infrabel. Alors qu’en février, le chiffre de 2,05 milliards avait été avancé, Infrabel peut atteindre un niveau de 2,15 milliards à l’horizon 2020. Ce qui lui donne un peu de lest pour faire les travaux de renouvellement nécessaires, qui visent essentiellement la Wallonie. "Plus question pour Infrabel de se consacrer à des projets qui ne soient pas dédiés à l’offre aux clients", martèle le ministre.

"On se félicite des moyens supplémentaires alloués au ferroviaire. On étudie les ajustements qui vont être apportés à notre plan d’entreprise. Quand cette analyse sera achevée, elle sera présentée au conseil d’administration", souligne Frédéric Sacré, porte-parole chez Infrabel.



Emprunt vertueux pour le RER

Autre message envoyé par le ministre : la volonté de faire avancer le dossier RER grâce à l’emprunt vertueux d’un milliard décidé dans le cadre du plan national d’investissement. Sur 1,050 milliard, 233 millions d’euros sont prévus en Wallonie et 344 millions en zone neutre (territoire flamand pour les lignes 124 et 161). Peu de moyens sont alloués à la Flandre vu que les travaux sont quasi terminés. A ce milliard, François Bellot ajoute un montant de 436 millions pour les besoins hors RER, dont 368 millions d’euros en Flandre, ce qui lui permet de maintenir la clé de répartition 60/40 (60 % pour la Flandre, 40 % pour la Wallonie). D’aucuns y voient une manière d’amadouer la Flandre, le temps de relancer les chantiers RER en Wallonie.

Le ministre de la Mobilité, François Bellot, souhaite que la poursuite des chantiers du RER se fasse par paliers ou "tronçons" afin que la clientèle du rail puisse le plus rapidement possible bénéficier de chaque renforcement de capacité, sans attendre la fin complète de tous les travaux. Dans les travaux prévus pour le RER, il y a la poursuite de la mise à 4 voies des lignes L124 et L161 (voir infographie). Mais des demandes de permis à Bruxelles et en Flandre devront être réintroduites. L’échéance pour la ligne 124 est prévue pour 2027-2028, pour un coût total escompté de 3 milliards pour le RER.

Côté financement, cela se fera via un emprunt d’Etat au gré de l’exécution des travaux. "Cela peut se comparer à un droit de tirage", a expliqué M. Bellot. Lequel va devoir discuter avec les Régions des besoins et conclure un accord de coopération.AvC