Deux "amants maléfiques" jugés pour l’assassinat d’Emilie

Lawyer Pascal Rodeyns and Lawyer Marc Preumont pictured during the trial of Kevin Mosen and Christelle Pourbaix before the Assize Court of Liege, Wednesday 31 May 2017, in Liege. They are accused of the murder of 27-year-old Emilie Tiberghein on December 13th 2013 in Voroux-Goreux. BELGA PHOTO BRUNO FAHY
Lawyer Pascal Rodeyns and Lawyer Marc Preumont pictured during the trial of Kevin Mosen and Christelle Pourbaix before the Assize Court of Liege, Wednesday 31 May 2017, in Liege. They are accused of the murder of 27-year-old Emilie Tiberghein on December 13th 2013 in Voroux-Goreux. BELGA PHOTO BRUNO FAHY ©BELGA
J. La.

C’était un samedi de décembre 2013. Un automobiliste, qui circule dans la rue de la Gare à Fexhe-le-Haut-Clocher, a son attention attirée par des sacs en plastique jaune sur le trottoir. Il s’arrête et voit un corps inanimé dont les pieds et la tête sont recouverts de ces sacs-poubelle de la ville de Liège.

Il prévient les secours. La jeune femme est morte. L’autopsie montre des plaies par instrument piquant et tranchant, des lésions compatibles avec une strangulation et des traces de violents coups de pied et de poing.

Un rapprochement est rapidement établi avec la disparition, signalée à la police de Liège quelques heures plus tôt par Kevin Mosen. Ce Liégeois de 23 ans est venu deux fois - d’abord seul puis accompagné d’une femme - expliquer qu’il est inquiet de la disparition de sa compagne, Emilie Tyberghein.

C’est bien d’elle qu’il s’agit. Interrogé, Kevin Mosen, s’emmêle les pinceaux. Il finit par avouer. Il l’a tuée, mais c’est à sa demande à elle. Ce serait à l’entendre un "suicide assisté". Il est placé sous mandat d’arrêt et est jugé à partir de ce lundi par les assises de Liège.

Il n’est pas le seul dans le box. Sa maîtresse de l’époque, Christelle Pourbaix, était avec lui lorsque les policiers sont allés le cueillir dans son appartement. Kevin Mosen l’a chargée en cours d’enquête. Elle n’a été inculpée qu’en toute fin d’enquête et répond aussi d’assassinat.

Emilie Tyberghein n’est pas du genre à se suicider. Brillante, elle a terminé son master en mathématique à l’ULG avec grande distinction en 2010. Elle parle cinq langues. Elle devient rapidement cadre dans une compagnie d’assurances à Liège. Elle pratique dans un club la capoeira, un art martial brésilien déguisé sous forme de danse.

Des amours rythmées par la capoeira

C’est dans ce cercle qu’elle a rencontré Kevin Mosen en 2012. Elle tombe amoureuse et quitte pour lui son compagnon brésilien qui était venu vivre en 2008 avec elle à Liège, après un séjour commun en Erasmus au Portugal.

Kevin Mosen présente un tout autre profil qu’Emilie. C’est le sportif, très soucieux de son apparence. A 10 ans, il a été champion d’Europe catégorie Juniors en capoeira. A l’école, c’est moins brillant. Il n’a pas fini ses humanités. Il a été renvoyé de l’Ecole royale militaire. Il a présenté un faux diplôme pour être engagé dans une banque qui le licencie une fois la supercherie découverte.

A la salle de capoeira, où elle y emmenait sa fille, Christelle Pourbaix avait aussi succombé, bien avant Emilie Tyberghein, aux charmes de Kevin Mosen. Ce dernier, de 11 ans son cadet, l’avait quittée lorsqu’il s’est installé en 2012 avec Emilie Tyberghein.

Un triangle amoureux toxique

En 2013, Kevin Mosen et Christelle Pourbaix semblaient avoir renoué. On en était là au soir du 13 décembre 2013 lorsque Kevin Mosen a entraîné Emilie Tyberghein dans un bâtiment désaffecté où se retrouvaient des adeptes du paintball près de l’aéroport de Bierset. Emilie Tyberghein y a été littéralement massacrée.

Christelle Pourbaix y a rejoint Kevin Mosen. Alors qu’Emilie était morte, dit-elle, reconnaissant seulement avoir aidé au déplacement du cadavre avec la voiture des deux agences de voyage qu’elle gérait.

De son côté, Kevin Mosen prétend que c’est Christelle Pourbaix qui est à l’origine de l’assassinat.

Un enjeu du procès sera de déterminer si Christelle Pourbaix est cette manipulatrice que dépeint Kevin Mosen où si, simplement, elle a été entraînée alors qu’il était déjà trop tard pour Emilie Tyberghein.