Les migrants réinvestissent le parc Maximilien

Depuis plus d’une semaine, le parc accueille de nouveaux occupants

Bruxelles - Parc Maximilien: Des réfugiés majoritairement erythreens et soudanais logent dans le parc maximilien de Bruxelles. Des volontaires et bénévoles de l'organisation Serve the city leur viennent pour l'instant en aide
Bruxelles - Parc Maximilien: Des réfugiés majoritairement erythreens et soudanais logent dans le parc maximilien de Bruxelles. Des volontaires et bénévoles de l'organisation Serve the city leur viennent pour l'instant en aide ©JC Guillaume
Busra Karaboga (st.)

Depuis plus d’une semaine, le parc accueille de nouveaux occupants

Il y a moins de deux ans, le dortoir à ciel ouvert qu’était devenu le parc avait fait couler beaucoup d’encre. Maintenant, la question est de savoir si un nouveau drame verra le jour. De nombreux migrants ont commencé à fréquenter à nouveau les allées du parc.

La pluie vient de s’arrêter, les diverses activités ont repris dans le parc réputé être un endroit prisé par les migrants, ce jeudi après-midi. Sa localisation s’y prête bien : le parc se trouve en face de l’Office des étrangers et près de la Gare du Nord de Bruxelles, un autre endroit régulièrement fréquenté par les demandeurs d’asile. Dans le parc, certains jeunes se regroupent autour d’autres. Ces derniers sont des bénévoles qui leur apportent des vêtements, de la nourriture et aussi de la bonne compagnie. D’autres jouent au football, au badminton ou au frisbee. L’ambiance paraît ludique mais les apparences sont trompeuses.

Les migrants séjournent dans de mauvaises conditions. Ils n’ont ni un toit, ni de l’eau courante et encore moins d’électricité. Pas de tentes dans les parages, un vieux matelas gît sur l’herbe, quelques cartons sont dispersés un peu partout. Ils servent de tapis et de lit. Des coussins sont enfouis sous les planches d’une plaine de jeux. Cette fois, impossible d’observer des constructions en dure.

Les visages sourient à l’approche d’inconnus mais leur tristesse et leur fatigue sont lisibles dans leurs yeux. Ceux que nous avons rencontrés ne parlent pas le français mais ils se débrouillent en anglais, peu sont ceux qui ne parlent que l’arabe ou une autre langue.

Majoritairement d’origine africaine, les jeunes hommes occupent les bancs du parc. Les jeunes filles bénévoles invitent certains d’entre eux à une partie de jeu de société.

Quelques migrants se plaignent, ils disent qu’ils sont ennuyés par la police pendant la nuit et qu’ils sont écartés du parc.

À l’exception d’une famille pakistanaise qui se bat pour pouvoir résider en Belgique, les autres souhaitent rejoindre le Royaume-Uni.

"Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle vague d’arrivée, ces migrants étaient déjà présents dans les alentours de la Gare du Nord", souligne Mehdi Kassou, porte-parole de la Plate-forme citoyenne de soutien aux réfugiés. "Les riverains réagissent bien, nous sommes félicités pour notre travail. Ceux-ci apportent des bouteilles d’eau et ils nous donnent un coup de main pour ramasser les déchets après les distributions de nourriture", précise M. Kassou.

"Nous ne voulons pas rester ici"

Parmi les migrants qui séjournent dans le parc Maximilien, deux Érythréens (pays au nord de l’Éthiopie) témoignent. Abraham, 29 ans, dort dans le parc depuis cinq nuits. Près de lui, Asya, 17 ans, qui a fait le voyage toute seule en traversant la Méditerranée, n’est là que depuis trois jours. Leur plainte est unanime. "La police ne nous laisse pas dormir ici, il y a eu trois contrôles la nuit dernière : à 3 h, à 5 h et à 8 h, nous avons été chassés du parc. Je n’ai pas pu dormir, je suis très fatigué", affirme le jeune homme. Asya, assise sur un carton, masse ses jambes qui ont souffert durant son trajet. Elle soupire et lance tristement : "Je n’étudie plus". Abraham explique : "Avant d’arriver en Belgique, je me suis retrouvé dans d’autres pays tels que la Slovaquie, l’Ukraine et la Russie. Récemment je suis arrivé en avion". L’ambition des deux jeunes est de rejoindre l’Angleterre. "Nous ne voulons pas rester ici", disent-ils.