Nombreux recours contre l'examen d'entrée en médecine: "Ma fille est désemparée depuis l’annonce de ses résultats"

Le faible taux de réussite de l’examen d’entrée aux études de médecine et de dentisterie a pour conséquence une chute vertigineuse des inscriptions dans les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Louise Vanderkelen

Le faible taux de réussite de l’examen d’entrée aux études de médecine et de dentisterie a pour conséquence une chute vertigineuse des inscriptions dans les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

A l’UMons, 606 étudiants avaient manifesté leur souhait de s’inscrire aux études de médecine en cas de réussite. Et ils étaient 529 à présenter effectivement l’examen sur l’ensemble des 3 471 candidats.

Six fois moins d’étudiants en bac 1

Mais seuls 63 d’entre eux ont réussi - soit 10 % des 641 réussites enregistrées pour l’ensemble des universités. Cela signifie que seuls 63 étudiants seront inscrits en première année de bachelier en médecine à l’UMons contre environ 350 les années précédentes.

Pour Alexandre Legrand, doyen de la faculté de médecine de l’UMons, la taille réduite de l’auditoire permettra un enseignement plus personnalisé. "Cela renforcera le contact entre le professeur et les étudiants, ce qui était déjà la spécificité de l’université de Mons. Le nombre d’enseignants restera identique."

Du côté de la faculté de médecine de l’Université libre de Bruxelles (ULB), le constat est semblable : des plus petits auditoires pour des cours personnalisés. "Pour le moment, nous avons 62 étudiants inscrits pour la première année en médecine contre environ 400 les autres années, explique le doyen de la faculté, Marco Shetgen. La guidance et la remédiation seront elles aussi plus personnalisées. Nous conservons cette année notre coach pédagogique qui pourra être beaucoup plus efficace. Il est clair que cela ne sera pas la même chose avec un nombre plus réduit d’étudiants mais nous verrons."

Un transfert vers d’autres études

Les étudiants laissés sur le carreau après avoir échoué à l’examen d’entrée n’ont d’autre choix que de se réorienter vers d’autres filières. "Les étudiants ayant échoué se tourneront probablement vers les études de sciences biomédicales afin de se préparer pour représenter l’examen d’entrée l’année prochaine", explique Alexandre Legrand de l’UMons.

Notons que l’Université catholique de Louvain (UCL), constate une augmentation fulgurante des inscriptions en première année en sciences biomédicale. Il s’agit d’une conséquence directe de l’examen d’entrée en médecine avec un boom de + 158 %, soit 124 étudiants en 2017 contre 48 en 2016.


Témoignage: "Nous avons déposé un recours le jour de l’annonce des résultats"

Elena Carrubba, 19 ans, fait partie des 2 832 candidats aux études de médecine et dentisterie à avoir échoué lors de l’examen d’entrée, le 8 septembre. Cette étudiante en première année de médecine à l’Université de Liège (ULg) est une reçue/collée. Elle n’a pas été classée en ordre utile à la suite du concours de fin de première année et devait donc passer l’examen d’entrée pour pouvoir poursuivre ses études. "Ma fille est désemparée depuis l’annonce de ses résultats, jeudi dernier", témoigne sa mère. Elena a en effet échoué au seules questions de physique, une matière qu’elle avait par ailleurs réussi en fin de première année. 

"Elle avait terminé sa seconde session le 23 août. Avant d’embrayer directement sur les révisions pour l’examen d’entrée. Elle s’est surtout concentrée sur les mathématiques car elle n’en avait plus fait depuis un an", témoigne sa maman. "Les résultats sont arrivés par e-mail le jeudi 14 septembre et nous avons introduit une demande de recours auprès du cabinet Misson, à Liège, le même jour. Nous avons pris cette décision ensemble, par téléphone, car ma fille est partie en vacances après l’examen, explique madame Carrubba. Nous avons déjà discuté à deux des possibilités de réorientation. Mais elle est complètement désemparée. Elle parle d’entreprendre des études de médecine depuis qu’elle est toute petite et elle ne se voit pas faire autre chose. Les étudiants reçus/collés sont réellement des étudiants sacrifiés. Elena était la première à ne pas être classée en ordre utile lors du concours de première année."

Sur le même sujet