Charles Michel associe sa majorité aux choix de Francken

Seul le CD&V a émis une (petite) réserve sur la collaboration mise en place avec le Soudan pour identifier des migrants.

A. C. et L. V.
Charles Michel Francken
©BELGA

Seul le CD&V a émis une (petite) réserve sur la collaboration mise en place avec le Soudan pour identifier des migrants.

Pour la clarté, je veux indiquer que la réponse donnée par Jan Jambon (vice-Premier N-VA), jeudi dernier, en séance plénière de la Chambre, a été communiquée au nom du gouvernement et donc validée par l’ensemble des partis qui composent la majorité."

En une phrase, mardi, en commission de la Chambre, le Premier ministre Charles Michel (MR) a bien fait comprendre à l’opposition que la politique d’asile menée par le secrétaire d’Etat Theo Francken (N-VA) est celle du gouvernement dans son ensemble. Solidarité totale envers ses décisions, donc. En ce compris la collaboration avec le Soudan, un Etat dictatorial , pour identifier des migrants sur le sol belge - sujet sur lequel le chef du gouvernement était interrogé.

Dans la majorité, seul le CD&V a émis une - petite - réserve. Charles Michel a expliqué qu’"il n’y a pas eu d’accord formel au conseil des ministres" à propos de la question soudanaise parce qu’il s’agit d’une "collaboration technique" mise en place par le secrétaire d’Etat. "Il est temps de réajuster les choses, a répliqué Nahima Lanjri, députée CD&V, ces décisions doivent être prises par le conseil des ministres."

Sur le fond, le Premier ministre a expliqué longuement les détails et les circonstances de la collaboration avec le Soudan. En vrac, il a assuré que toutes les règles nationales et internationales étaient scrupuleusement respectées, que toute personne non identifiée ne serait pas refoulée vers le Soudan, même chose pour celles dont la sécurité ne serait pas assurée là-bas, il a rappelé que les migrants faisant l’objet d’une identification étaient en situation illégale en Belgique et refusaient de demander l’asile, etc. En réplique, Ecolo, PS, SP.A, PTB et CDH ont, pour l’essentiel, dénoncé la décision de principe, celle de collaborer avec une dictature.

Par ailleurs, M. Michel a encore précisé que les représentants des autorités soudanaises effectuaient le travail d’identification via des entretiens individuels. Dominique Ernould, porte-parole de l’Office des étrangers (OE), confirme. Et complète.

"Les autorités soudanaises, accompagnées par l’OE, se rendent dans les centres fermés dans lesquels on suppose qu’il y a des ressortissants soudanais. Les migrants concernés sont invités à répondre à un questionnaire simple dans lequel on leur demande nom, prénom, âge, lieu de naissance, etc. On ne leur pose pas de questions précises sur leur appartenance politique ni des questions très personnelles comme c’est le cas dans le cadre d’une procédure d’asile. Une fois le questionnaire rempli, on prend leurs empreintes. Celles-ci sont alors envoyées à Khartoum pour être comparées à celles présentes dans la banque de données du Soudan. En effet, tout homme adulte originaire du Soudan et qui a une carte d’identité a dû donner ses empreintes. On peut alors s’assurer avec certitude que les migrants sont d’origine soudanaise et déterminer s’il faut délivrer un laissez-passer ou pas."