Vers une suppression du numerus clausus? Ecolo appelle la Belgique à s’aligner sur la France

Suppression du numerus clausus en France : Ecolo appelle la Belgique à faire de même
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L.DC

Ecolo a déposé une proposition de résolution à la Chambre visant à remplacer le système des quotas Inami.

« L’offre de soins médicaux, qu’il s’agisse des médecins généralistes ou des médecins spécialistes est inadaptée aux besoins : il n'y a pas de répartition équilibrée entre les zones territoriales du pays, entre villes et communes rurales, entre les différents quartiers des grandes villes ; et il manque une complémentarité entre la première ligne de soins de proximité et les soins spécialisés en structures hospitalières. Les hôpitaux eux-mêmes ont des difficultés à recruter ou à conserver dans leurs services certaines disciplines de spécialistes tandis qu'on observe des surconsommations d’actes techniques dans d’autres disciplines », commente la députée fédérale Ecolo Muriel Gerkens, dans un communiqué. Dans celui-ci, le parti écologiste appelle la Belgique à supprimer le système du numerus clausus.

Ce communiqué d'Ecolo intervient suite à l'annonce d'Agnès Buzyn en France, la ministre de la santé qui a annoncé la suppression du numerus clausus à la rentrée 2020. Ce mardi, Emmanuel Macron l'a confirmé.

"Au même moment où nos concitoyens souffrent de difficulté d'accès aux soins, 25 000 étudiants passent du statut d'excellents lycéens à celui qui échoue à entrer en première année de médecine. C'est incohérent. Le numerus clausus sera supprimé. Nous formerons plus de médecins", a-t-il écrit sur le réseau social Twitter.


Une démarche saluée par Ecolo, qui plaide pour une modification de notre système actuel basé sur un numerus clausus et des quotas Inami.


Et quelle solution?

Les écologistes proposent que ces derniers soient remplacés par une planification territoriale de l'offre de soins et la mise en place d’un cursus de formation pluridisciplinaire au sein d’une 'école de santé. Une proposition qui trouve également un écho dans la position de la ministre française, qui réfléchit à un tronc commun des études de santé.

Concernant les études de médecine, les écologistes proposent une réorganisation complète des différentes filières dans une école de la santé, en s'appuyant sur un tronc commun réel et une orientation bien plus progressive des étudiants tout au long de leur cursus. Enfin, concernant les médecins en exercice, Ecolo pointe l'importance d'organiser une régulation territoriale de l'offre de soins qui se base sur une évaluation permanente et dynamique des besoins de la population à partir des bassins de vie et de soins.

« Il est impossible d'organiser une politique de santé conforme aux exigences de qualité, d'accessibilité et d'équité en s'obstinant dans le système actuel. L'approche par bassins de soin permet une meilleure répartition et plus de complémentarité dans les offres. Sachant qu'il faut au moins 10 à 15 ans pour former un médecin, l'inertie répétée du Gouvernement fédéral sacrifie non seulement toute une génération d'étudiants mais met à mal une politique de santé publique adaptée aux besoins. De son côté, le Gouvernement Wallon doit enfin assumer ses compétences en organisation de l’offre de soins sur son territoire », concluent Muriel Gerkens et Philippe Henry.