À 15 ans, un élève sur deux a déjà doublé au moins une fois

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La dernière version des indicateurs de l’enseignement, qui décryptent l’enseignement francophone, est sortie ce jeudi. On y apprend par exemple que lors de l’année scolaire 2016-2017, 870 000 élèves, encadrés par 72 000 enseignants (en équivalent temps plein) étaient inscrits dans l’enseignement ordinaire. À l’horizon 2030, l’administration évalue à 4 % la croissance des effectifs scolaires.

1 Le redoublement se maintient à un taux record

Un chiffre qui ne cesse d’attirer l’attention est celui du retard scolaire. Ainsi, à 15 ans, un élève sur deux a déjà doublé au moins une fois. Ce taux monte à 59 % chez les élèves de cinquième secondaire, et baisse légèrement en sixième grâce… à l’abandon scolaire de 5 % des élèves. À titre de comparaison, ce taux de redoublement, qui est un record pour l’ensemble des pays de l’OCDE et qui reste relativement stable, est deux fois plus important qu’en Flandre. Notons de surcroît que l’origine socioéconomique des élèves joue encore un rôle certain : ce sont les plus défavorisés qui doublent proportionnellement le plus.

Le coût du redoublement, apprend-on encore, s’élève à plus de 376 millions d’euros par an pour la Communauté française.

L’objectif du Pacte d’excellence, d’ici 2030, est de réduire ce taux de moitié, notamment en investissant d’avantage qu’aujourd’hui dans l’enseignement maternel et primaire. Les chiffres relatifs à l’engagement des enseignants témoignent d’ailleurs de cette volonté. De 2007 à 2017, la population enseignante a augmenté de 11,8 % en maternel, de 9,5 % en primaire, et de 2,7 % en secondaire.

2 La pénurie touche principalement les profs de pratique professionnelle

Les indicateurs de l’enseignement s’attardent également sur les titres détenus par les enseignants du secondaire supérieur où la pénurie est criante, notamment en ce qui concerne les professeurs de pratique professionnelle : 27 % seulement disposent d’un titre requis ou suffisant, les 73 % restant ne présentant qu’un titre dit de pénurie, c’est-à-dire accepté lorsque les profs ayant un diplôme plus adéquat manquent à l’appel. À l’autre bout de l’échelle, seuls 6 % des professeurs d’histoire ne possèdent qu’un titre de pénurie. C’est également le cas de 10 % des profs de sciences, de 16 % des profs de français et de 26 % des profs de langues et de ceux de math, là où la pénurie est donc moins importante.

3 Le succès de la filière “service aux personnes”

Notons que dans le qualifiant, la filière qui accueille le plus d’élèves est de loin le service aux personnes. L’industrie (où 98 % des élèves sont des garçons) et l’économie suivent, que ce soit dans le technique ou le professionnel.BdO

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