"Les tempêtes de ces derniers jours n’ont rien d’exceptionnel"

Les vents de ces derniers jours ne seraient pas anormaux en cette période de l’année.

"Les tempêtes de ces derniers jours n’ont rien d’exceptionnel"

Les vents de ces derniers jours ne seraient pas anormaux en cette période de l’année.

La tempête qui a soufflé dimanche aura surpris plus d’un citoyen en raison de sa violence. Et aura laissé des stigmates importants : dimanche et lundi, les pompiers de Wallonie et de Bruxelles ont effectué plus de 2 000 interventions pour des toitures envolées, des arbres déracinés ou des câbles arrachés.

Et alors que la tempête s’est enfin calmée ce lundi, de nouvelles importantes rafales de vent sont attendues sur notre pays ces mardi, mercredi et jeudi, faisant craindre de nouveaux dégâts, notamment aux toitures fragilisées.

Cette succession de tempêtes actuelle pourrait paraître exceptionnelle mais ne le serait finalement pas tellement : à en croire l’Institut royal de météorologie (IRM), les mois de février et de mars seraient propices au temps que nous subissons ces derniers jours. "Ces tempêtes n’ont rien d’exceptionnel dans l’absolu, confirme Pascal Mormal, météorologue à l’IRM. Si on analyse les séries statistiques depuis une cinquantaine d’années, il n’est pas anormal de constater ce temps en février ou en mars."

Si beaucoup s’étonnent de la récurrence de ces tempêtes, c’est, selon l’IRM, en raison d’une "longue période relativement calme", les dernières tempêtes ayant balayé notre pays datant des 3 et 18 janvier 2018.

Comment expliquer la période tempétueuse actuelle ? "On a longtemps été protégé par un anticyclone qui nous a apporté un temps très stable, poursuit Pascal Mormal. Cet anticyclone a, depuis, laissé la place libre à toutes les dépressions océaniques. On assiste aujourd’hui à toute une série de dépressions qui se succèdent les unes après les autres."

La tempête de dimanche a toutefois été plus violente que les dernières années, avec une vitesse de vent maximale de 122 km/h à Stabroek (port d’Anvers) et de 112 km/h du côté de Bruxelles. "On n’avait plus connu une tempête aussi violente dans le centre du pays depuis le 27 octobre 2002", précise Pascal Mormal.

Cette succession de tempêtes n’est cependant pas exceptionnelle : dans un passé relativement récent, la dernière grande période venteuse remonte à 1990 avec une succession de huit tempêtes entre le 25 janvier et le 1er mars. "Cette année-là, on avait d’ailleurs enregistré le record de vitesse absolu en Belgique. C’était à Beauvechain, avec des rafales mesurées 168 km/h."