Suspicion de viol à Schaerbeek: le collège dépose une double plainte

La majorité schaerbeekoise porte plainte contre X pour appel à la violence et dégradation et contre le conseiller communal Yusuf Yildiz (CDH) pour mensonges, calomnies et parjures

Suspicion de viol à Schaerbeek : Le collège dépose une double plainte
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La majorité schaerbeekoise porte plainte contre X pour appel à la violence et dégradation et contre le conseiller communal Yusuf Yildiz (CDH) pour mensonges, calomnies et parjures.

Ce jeudi le collège de Schaerbeek s'est réuni pour décider de l'objet et de la cible de la plainte portée par le bourgmestre Bernard Clerfayt (Défi) et son équipe concernant l'affaire de la suspicion de viol à l'école n°1. Ensemble, la majorité a décidé qu'une plainte contre X serait déposée par l'ensemble du collège pour "diffamation, appel à la violence et dégradation" et une plainte, toujours au nom du collège, contre le conseiller communal Yusuf Yildiz pour "mensonges, calomnies et parjures". En outre, le collège se déclare comme personne lésée dans cette affaire.

Pour rappel, après qu'une mère a découvert du sang dans la culotte de sa fille après une journée à l'école, de nombreuses rumeurs dont la suspicion de viol ont été largement répandues dans la commune. À tel point que des manifestations, parfois violentes, de parents d'élèves se sont improvisées vendredi dernier et les jours suivants devant l'établissement. Très vite, la situation a dégénéré et deux personnes ont été arrêtées. Mardi, le parquet a finalement indiqué sur base des premiers éléments de l'enquête, qu'il n'y a pas eu d'abus sexuel, contrairement à ce que craignaient les parents. Il serait question de saignements à la suite d'une infection.

"Il y a eu depuis le début de l'histoire des incitations à la haine de tous les côtés et des invitations à manifester de manière violente", explique Marc Weber, chef de cabinet du bourgmestre. Facebook, Twitter ou Snapchat furent, pendant cette semaine, la cible de nombreuses incitations et messages anxiogènes. "On a encore reçu des captures d'écran de messages snapchat clamant "Nos enfants souffrent de viol". Devant l'école ils scandaient "école pédophile" et autres slogans affreux. Or, l'information a été démentie par le parquet. Il faut que ces messages s'arrêtent, ça va trop loin." Une plainte contre X sera donc déposée pour que lumière soit faite "sur ces prêcheurs de haine."

Parmi eux, le conseiller communal Yusuf Yildiz (CDH) est particulièrement pointé du doigt par le collège. Dans un communiqué, Bernard Clerfayt accusait le conseiller communal d'avoir attisé la colère des habitants et parents d'élèves de l'école, via des messages, en turc, relayés sur les réseaux sociaux. De son côté le CDH bruxellois indique avoir "pris connaissance" des accusations et appelle surtout "au calme". Selon les humanistes de la capitale, l'élu local aurait surtout voulu "relayer un sentiment d'incompréhension" et une "demande de clarification", une démarche qui a pu "être jugée maladroite à la lumière de l'évolution du dossier", admet le parti. "Mais Yusuf Yildiz ne tient pas de propos incitant à la haine et encore moins assimilables à du radicalisme."

Le conseiller communal a annoncé qu'il devait voir son avocat et envisage une action en justice à son tour.