Après De Lijn, la Stib déplace ses arrêts de bus situés gare du Nord

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Après De Lijn, la Stib déplace ses arrêts de bus situés gare du Nord
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Dès mardi, la Stib va déplacer "temporairement" ses arrêts de bus situés gare du Nord à cause de la situation sanitaire et sécuritaire jugée dangereuse, a indiqué lundi An Van hamme, porte-parole de la société de transports bruxelloise, confirmant une information du journal L'Echo. Depuis ce lundi matin, les chauffeurs de bus De Lijn ne font plus halte aux arrêts situés à proximité de la gare du Nord. Ils craignent d'attraper l'une des maladies se propageant parmi les migrants en transit qui squattent les abords de la gare. Des cas de gale et de tuberculose ont, en effet, été constatés.

"La situation sanitaire se détériore et pour assurer le confort de nos voyageurs ainsi que des chauffeurs, nous avons aussi décidé d'agir en déviant des lignes de bus", indique la porte-parole de la Stib. Les changements auront lieu à partir de demain/mardi jusqu'à nouvel ordre.

Concrètement, l'arrêt du bus 61 sera déplacé sur la place du Nord, devant la passerelle, tandis que celui du bus 20 se fera au niveau du boulevard Simon Bolivar, en face du grand escalier.

Des réunions en interne vont avoir lieu dans les prochains jours pour évaluer la situation, a conclu An Van hamme.

Quelle solution pour les navetteurs ?

Tant que les bus De Lijn et de la Stib ne font plus escale à Bruxelles-Nord, TreinTramBus et Test Achats réclament une solution pour les navetteurs, annoncent lundi les organisations dans un communiqué commun. "Les navetteurs de De Lijn qui ont un abonnement ou un ticket pour un bus jusqu'à Bruxelles-Nord doivent payer un supplément pour parcourir les derniers kilomètres sur le métro de la STIB", dénoncent TreinTramBus et Test Achats.

Ces dernières réclament dès lors que les navetteurs munis de leur ticket De Lijn aient accès au métro afin de pouvoir prendre la ligne non desservie entre Bockstael, la gare de l'Ouest, Simonis, Rogier d'une part, et Bruxelles-Nord d'autre part.

"Bien que nous puissions comprendre les préoccupations des conducteurs, nous demandons instamment qu'une solution transversale soit trouvée aux conditions pénibles de la gare du Nord, afin que la gare puisse retrouver sa fonction essentielle de nœud multimodal entre le train, le tram et le bus", précise encore le communiqué.

La Stib a pour sa part indiqué ne pas encore avoir reçu de demande de De Lijn à ce sujet. "Si une demande est formulée, nous l'examinerons", a fait savoir la Société des transports intercommunaux de Bruxelles.

Des rumeurs d'épidémies contestées

Les migrants qui arrivent en Europe sont généralement en bonne santé, souligne l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans un rapport présenté lundi à Rome. S'ils sont davantage susceptibles de contracter une maladie infectieuse, le risque de contagion aux populations locales est très faible, insiste l'OMS. L'afflux migratoire en Europe depuis 2010 n'a entrainé aucune augmentation significative des maladies infectieuses, selon le rapport qui contredit donc les affirmations, entre autres, du ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini.

En Belgique, les rumeurs d'épidémies parmi les migrants qui séjournent à la gare du Nord de Bruxelles ont elles été balayées par Médecins du Monde, la Commission communautaire commune (Cocom) ou encore le SPF Santé.

Ce thème fait l'objet de "discussions émotionnelles" qui reposent généralement sur des "fake news", constate Santino Severoni, coordinateur pour la santé des migrants à l'OMS. "Les maladies sont autant transportées du sud vers le nord que du nord vers le sud", souligne-t-il.

Les réfugiés sont davantage sujets aux pathologies psychologiques comme la dépression ou l'angoisse en raison des expériences traumatisantes qu'ils ont vécues, de la discrimination qu'ils subissent et de la longueur des procédures de demande d'asile, conclut l'Organisation.