Policier tué a Schaerbeek : "Ce quartier est un univers hallucinant de déchéance humaine"

L'émotion est présente et suscite des vives réactions.

 La police a constaté sur les lieux que l’homme, très énervé, était ivre.
Deux policiers ont été poignardés au couteau ce jeudi soir à Schaerbeek. L'un des policiers poignardés a succombé à ses blessures. ©BELGA

Ce jeudi soir, deux policiers ont été poignardés par un homme présenté comme "Yassine M., né en 1990 à Bruxelles, de nationalité belge". Le suspect aurait crié "Allah Akbar" en s'attaquant armé aux deux policiers qui étaient dans leur voiture arrêtée à un feu rouge. L'homme est un ancien détenu pour des faits de droit commun mais qui était fiché par l'organe belge d'analyse de la menace terroriste (Ocam).

L'un des deux policiers, Thomas M., touché "à hauteur de la gorge" n'a pas survécu, tandis que l'autre, blessé au bras droit, "a été opéré cette nuit" et "semble hors de danger", a souligné le parquet fédéral lors d'une conférence de presse.

Depuis hier soir, de nombreuses personnes ont manifesté leur soutien aux familles des deux policiers. Pour la Police fédérale comme pour les autres zones de polices locales, c’est avant tout le deuil d’un collègue. "C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris la terrible nouvelle qui touche nos collègues de la zone de police BruNo (Bruxelles-Nord, ndlr), tweete une autre zone de Police, celle de Bruxelles. Nous présentons à l’ensemble du corps de police nos plus sincères condoléances Nos pensées se tournent vers la famille et les proches de nos collègues."

La tristesse fait place à la colère

D'autres sont révoltés et expriment leur inquiétude face à l'insécurité grandissante dans le quartier "nord" de Bruxelles. Eric Labourdette, le représentant de la police, s'est notamment exprimé dans un communiqué de presse. "Au mois d’août, le SLFP a interpellé le Ministre-Président sur la situation d’insécurité dans le quartier « nord » de Bruxelles. Rien n'a changé que du contraire, la situation s'est aggravée car la zone semble avoir été désertée par les pouvoirs publics. Les agressions commises sont de plus en plus nombreuses. De la gare du nord à la station Yser c'est un quartier insalubre et agressif. Ce quartier est un univers hallucinant de déchéance humaine où semble régner l'impunité la plus totale. Les déchets, l'urine et les excréments humains jonchent le sol."

"Chaque jour, ce quartier est envahi par des toxicomanes qui fument du crack au vu de tous, des groupes d'hommes agressifs client de prostitution (les femmes subissent donc un harcèlement sexuel constant en rue), des mendiants, des SDF, des demandeurs d’asile, des sans-papiers, bref ce quartier est une jungle" a également déclaré Eric Labourdette.

Chez les syndicats, la tristesse a également fait place à la colère. Interviewé par la RTBF, le secrétaire permanent du CSC Raoul Moulin, a notamment pointé du doigt le manque de moyens. "La première sécurité pour nos collègues, c’est d’être en nombre sur la voie publique mais il manque des policiers malheureusement. Et ce n’est pas avec les coupes budgétaires que ça va arranger ce manque récurrent de policier."