Quatre projets sont en bonne voie pour augmenter l’offre dans les parkings de transit à l’entrée de Bruxelles. L’objectif est d’encourager les navetteurs à délaisser leur voiture pour prendre le réseau de la Stib. La circulation est un vrai défi pour la Région.

C’est l’un des grands chantiers de la législature. Et bonne nouvelle : le projet des parkings de transit aux abords de la Région bruxelloise avance bien. Pour rappel, l’objectif est d’augmenter la capacité des zones de dissuasion et ainsi de faire baisser la pression automobile dans la capitale.

Cette volonté date d’avril 2015 quand le ministre de la Mobilité, Pascal Smet (SP.A), avait annoncé avoir identifié des zones susceptibles d’accueillir 10 000 places de stationnement de transit. Plusieurs emplacements avaient été avancés par le ministre de la Mobilité à l’époque. Ce qui ferait augmenter fameusement la capacité à Bruxelles : actuellement, il n’existe en effet que 1 700 places disponibles réparties sur 7 parkings. Pour le coût financier, il faut compter environ 10 millions d’euros pour un parking de 1 000 places.

Quatre projets

Aujourd’hui, Pascal Smet et Bruxelles Mobilité annoncent que quatre projets sont en bonne voie de réalisation. L’ensemble de ces chantiers représenteront, quand ils seront achevés, plus de 5 000 places de stationnement supplémentaires pour les navetteurs.

Les travaux du dossier du Ceria près d’Anderlecht vont démarrer en automne prochain. Le nouvel espace de stationnement permettra de passer de 200 à 1 350 places disponibles. Une transformation qui augmentera de plus de 6 fois sa capacité actuelle.

Pour ce qui concerne le parking de Stalle à Uccle, la demande du certificat d’urbanisme est en cours. Bruxelles Mobilité espère une issue positive d’ici la fin de l’année. Ce parking devrait représenter à terme plus de 1 000 places de stationnement de transit dans le sud de la Région bruxelloise. Il devrait être opérationnel pour la fin de la législature actuelle. C’est le cas également du tout nouveau parking de l’Esplanade, qui représentera 1 500 nouveaux emplacements dans le nord de Bruxelles, près du Palais 12 du Heisel.

Le dossier de la zone de dissuasion de Crainhem est également sur les rails. Le dépôt de la demande de certificat devrait avoir lieu cet été alors qu’il y a un an encore aucune piste n’avait été dégagée. Le projet prévoit la construction d’un parking à étages à la place de l’actuelle zone de stationnements en plein air. Il devrait être exploitable vers 2020.

Quatre autres parkings en sont au stade de projet pour le moment. Il s’agit de Berchem-Sainte-Agathe, Jette UZ, Bordet et le Heysel.

En parallèle, le gouvernement a chargé l’Agence de stationnement d’élaborer un modèle tarifaire régional unifié pour tous les parkings, avec une intégration pour l’utilisation du réseau de la Stib.


© ipm


La pression automobile coûte très cher à la Région bruxelloise

Construire de nouveaux parkings de dissuasion aux entrées de Bruxelles ou étendre la capacité de ceux qui existent déjà devrait s’avérer d’autant plus utile que le nombre de navetteurs reste très élevé.

C’est simple : en 2015, comme le relevait l’Observatoire bruxellois de l’emploi, dans une étude publiée en décembre 2016, 71,6 % des 476 172 travailleurs qui ont effectué une navette entre leur domicile et leur lieu de travail se sont rendus en Région bruxelloise.

Cela dit, en cinq ans, on a enregistré une diminution de 30 000 navetteurs flamands et wallons. En outre, tous ceux qui rejoignent chaque matin la capitale ne viennent évidemment pas en voiture. Fin 2014, le Bureau fédéral du Plan constatait même que 48 % des déplacements domicile-travail vers la capitale étaient effectués en voiture contre 57 % au début des années 2000. “Pour les déplacements vers les lieux de travail situés à Bruxelles, la position dominante de la voiture s’est amenuisée au profit des transports en commun”, indiquait-il. De la même façon, seul un étudiant sur dix se rendait aux cours en voiture à Bruxelles contre 19 % en Flandre et 31 % en Wallonie.

Une mobilité altérée

Cela dit, aux heures de pointe du matin comme du soir, on enregistre autour de 200 000 véhicules approchant ou quittant la capitale au cours de déplacements dont la durée n’a jamais cessé d’augmenter.

Même constat à l’intérieur du périmètre des 19 communes où les temps de parcours ne cessent de s’allonger. Là encore, près d’un tiers des déplacements sont réalisés par les navetteurs.

Tout cela fait que Bruxelles est la 8e ville la plus embouteillée en Europe, selon un classement établi par TomTom sur la base de données relevées en 2016. Le taux de congestion de la capitale belge a progressé cette année-là pour atteindre 38 %. Cela signifie que les navetteurs bruxellois doivent compter en moyenne 38 % de temps de parcours supplémentaire. Selon une autre étude, menée par la société américaine Inrix, fournisseur de services d’info-trafic, en 2014, les automobilistes ont passé 74 heures dans le trafic bruxellois contre… 83 un an plus tôt. Au niveau national, la Belgique figurait en tête du classement des pays européens. Les automobilistes de notre pays ayant perdu en moyenne 51 heures dans le trafic.

Conséquences dommageables

Toute cette pression automobile a des conséquences. Sur l’environnement (la mauvaise qualité de l’air serait responsable de plusieurs centaines de décès annuels à Bruxelles), sur l’aménagement de l’espace public, sur la qualité de vie urbaine.

Mais aussi, bien sûr, sur l’activité économique de la ville que de nombreuses entreprises menacent de quitter en raison de la congestion dont elle souffre. Selon l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), ces problèmes seraient responsables d’une perte de 2 % du PIB dans les pays industrialisés.

De loin en loin, les instances politiques ont pris des mesures pour lutter contre le phénomène. En essayant d’améliorer la gestion rationnelle des emplacements de parking, notamment. En tentant d’élargir l’offre de transports en commun, etc. Nul doute qu’une offre élargie de places dans de vastes parkings, bien desservis, à l’entrée de la ville devrait améliorer les choses.