En Wallonie, le 7 juin dernier, Ecolo fut le seul des grands partis à progresser. Eh bien, notre premier baromètre d'après les élections régionales se solde par le même bilan. Logique, dira-t-on : deux tests rapprochés, sans préjudice de leur valeur respective, livrent généralement les mêmes tendances. C'est vrai, mais la conjoncture post-électorale n'est pas neutre. Un second enseignement est donc à tirer. Dans nos éditions de samedi, on a pu lire qu'à partir du même échantillonnage, pas plus de 47 % des partisans d'Ecolo se disaient satisfaits de la configuration Olivier. Ce n'est donc pas, ou pas encore, globalement au point de nourrir d'autres intentions électorales.

Cela dit, que tout le monde reste bien calme ! Les évolutions automnales au regard du scrutin régional - calculées sur les 93 % de sondés qui ont répondu à la question - sont bien minces.

Les ressacs du PS et du MR frisent même le statu quo. Ce n'est pas indifférent pour autant : le second ne profite donc pas plus de se retrouver désormais seul dans l'opposition que le premier de rester au pouvoir. Ce qui suffit au PS pour confirmer son leadership wallon. Celui que, pour rappel, les réformateurs lui avaient officiellement et bruyamment ravi aux élections législatives de juin 2007...

Le changement est plus perceptible à l'étage inférieur. Dès lors que le CDH perd le plus par rapport aux dernières élections, pour se retrouver sous son niveau de celles de 2007, Ecolo conforte sa troisième place (comme à Bruxelles, ainsi qu'on le lira plus loin).

Rapide ascendant que voilà. A notre dernier baromètre hivernal wallon, en décembre 2008, les humanistes précédaient encore les écologistes, de 2,4 %. Le rapport s'inversait au printemps suivant, fin mars, avec une avance Ecolo de 1,4 %. L'ascendant officiel, aux élections du 7 juin dernier, atteignit 2,4 %. Voici qu'il se creuse à de plus confortables 4,5 %.

Développement durable ? En tout cas, au risque de déprimer les rangs CDH ou de les voir jalouser un peu plus la concurrence verte, on rappellera que leur ascendant sur Ecolo se sera très régulièrement émoussé au long de nos sondages trimestriels. Pour s'en tenir aux mois de septembre qui précèdent, il s'élevait à 1,1 % à l'automne 2008; à 3,3 % en 2007; à 9,4 % en 2006; et jusqu'à 12 % - le record des dix dernières années - en 2005 !

Enfin, à élargir le tableau des intentions de vote en Wallonie aux FN et autres petits partis, on constatera que le jeune Olivier ne connaît ni honneur ni indignité : par rapport au scrutin de juin, ceux qui en sont (PS, Ecolo, CDH) ont un solde global identique à ceux qui n'en sont pas. Donc, 0 % de part et d'autre. Oui, 0.

Le parti Ecolo continue à aller de l'avant, après les élections régionales de juin 2009, si l'on en croit les résultats du dernier baromètre de La Libre, le premier d'après-scrutin. Ecolo gagne encore 1,2% par rapport au scrutin de juin, selon ce sondage, confortant sa troisième place en Région wallonne avec 19,7%. Au sein de l'olivier, le PS reste, avec 32,5%, confortablement installé à la première place, malgré un léger ressac (-0,3%). Egalement en légère perte (-0,9%), le cdH reste pointé à la quatrième place, avec 15,2%.

Le MR continue à perdre quelques plumes (-0,4%), à 23%. En nette baisse de popularité, Didier Reynders, distancé par Louis Michel, perd 5 points, à la huitième place des personnalités en Région wallonne.

A Bruxelles, les changements sont encore moins perceptibles. A 26,7%, le MR reste le plus populaire (+0,2%), devançant PS (-0,7%, à 22,6%), Ecolo (+0,5%, à 18,4%) et le cdH (-0,4%, à 12,7%).

En Flandre, en dépité d'une sensible érosion (-0,6%), le CD&V est toujours loin en tête, devançant un quatuor qui, plus que jamais, se tient dans un mouchoir de poche: VB (+1,2%, à 16,5%), sp.a (+0,2%, à 15,5%), N-VA (+1,5%, à 14,6%) et Open Vld (-0,6%, à 14,4%). La N-VA confirme donc son score inattendu des élections de juin tandis que les libéraux ne parviennent pas à freiner la chute. Devançant l'annonce de ce sondage, l'ex-Premier ministre Guy Verhofstadt a indiqué dimanche sur la VRT que sa génération était responsable de la défaite de son parti aux dernières élections et qu'elle devait ne plus y jouer un rôle en vue.

Rentré dans les rangs, la Lijst Dedecker (-0,9%, à 6,7%) est dépassée par Groen! , stabilisé à 6,8%.

Avec 32 points, Elio Di Rupo redevient la personnalité politique la plus en vue en Wallonie devant Guy Verhofstadt, Jean-Michel Javaux complétant le trio, alors qu'à Bruxelles Guy Verhofstadt (43) continue à écraser la concurrence, Charles Picqué perdant un peu, à la deuxième place (25). Le Premier ministre Herman Van Rompuy est quatrième dans la capitale. En Flandre, Kris Peeters, Bart De Wever et Guy Verhofstadt dominent ce sondage, devançant Yves Leterme, sur le retour.

Le baromètre aborde également quelques questions d'actualité dont certaines réponses peuvent sembler surprenantes. Une majorité de sondés est d'avis que l'enseignement doit devenir une compétence régionale en Wallonie et à Bruxelles, pourtant une minorité d'entre eux s'exprime en faveur de la suppression de la Communauté. Par ailleurs, une majorité pense que Namur est la capitale de la Communauté française.

Le baromètre a été réalisé après un sondage réalisé auprès de 2.000 répondants de 18 ans et plus (750 en Wallonie et 750 en Flandre, 500 à Bruxelles) effectué entre le 7 et le 20 septembre, juste après la rentrée et l'évocation de pistes d'économie dans le secteur de l'enseignement.

La marge d'erreur maximale est de 3,6% en Wallonie et en Flandre, et de 4,9% dans la partie francophone de Bruxelles. © La Libre Belgique 2009