Vingt-deux heures sur 24 en cellule, pas d’accès à la bibliothèque, pas de formations, de cours de français, de sport, d’informatique… La situation des détenus au sein de la prison bruxelloise de Saint-Gilles est catastrophique. Depuis 5 mois, les 26 services (tant francophones que néerlandophones) actifs au sein de l’établissement pénitentiaire n’y ont (quasi) plus accès. Une centaine de travailleurs du secteur de l’aide aux justiciables ne peuvent plus exercer leurs missions légales d’accompagnement des détenus.

En cause : le contexte général de rationalisation budgétaire de la Justice qui entraîne de graves conséquences sur le travail des agents pénitentiaires, qui sont en sous-effectifs. Du coup, depuis le 30 juin, les activités collectives sont supprimées.

En vain jusqu’ici

Les services externes ont tout essayé pour faire reprendre les activités à Saint-Gilles. En vain. Les contacts avec les syndicats des agents pénitentiaires, avec la direction de la prison, avec l’administration pénitentiaire… n’ont rien donné. Les ministres communautaires en charge de l’aide aux détenus, le PS Rachid Madrane et le CD&V Jo Vandeurzen ont aussi insisté auprès du ministre fédéral de la Justice, Koen Geens (CD&V) pour que les activités reprennent au plus tôt à Saint-Gilles. Sans résultat.

Lundi, la Ligue des droits de l’homme a pris le relais des associations pour réclamer l’application de la loi Dupont de 2005, qui prévoit que chaque détenu puisse jouir de ses droits fondamentaux et, pendant son incarcération, préparer sa sortie dans l’optique d’une réinsertion. Les 720 détenus de Saint-Gilles sont privés d’activités indispensables pour préparer leur retour dans la société, dénonce la Ligue des droits de l’homme.

L’annulation des activités touche aussi les travailleurs de terrain (assistants sociaux, criminologues, psychologues, enseignants ou animateurs d’ateliers), insiste la Ligue. Sans compter les agents pénitentiaires, qui doivent exercer leur travail dans une atmosphère délétère.

Au final, c’est la société tout entière qui sort perdante : les détenus concernés n’entament pas de travail de réinsertion, ce qui peut avoir un impact négatif sur leur réintégration et augmente les risques de récidive.