Hans Van Themsche, 18 ans, qui a abattu, jeudi, une jeune femme d'origine turque, une jeune Malienne et une fillette de deux ans, en pleine rue, à Anvers, a été placé sous mandat d'arrêt et inculpé de meurtre et tentative de meurtre.

Entendu à l'hôpital (il a été blessé par le policier qui l'a interpellé) Hans Van Themsche a expliqué «avoir acheté une arme de chasse et des munitions et être parti à la recherche de personnes d'origine étrangère dans l'intention de les abattre».

«La petite fille était au mauvais moment au mauvais endroit», a-t-il ajouté. Dominique Reyniers, porte-parole du parquet d'Anvers, a indiqué que s'il n'avait pas été arrêté, «il aurait pu y avoir beaucoup d'autres victimes».Selon elle, des événements qui se sont passés dans sa vie privée auraient poussé le jeune homme à agir de la sorte, seul.

Hans Van Themsche, dont plusieurs membres de la famille sont des sympathisants du Vlaams Belang, s'était rasé les cheveux au début de la semaine. Il a lui-même utilisé le terme de skinhead au cours de son audition mais le parquet ignore depuis combien de temps il se réfère à ce groupuscule. De l'audition des parents, rien ne permet de conclure, dit MeReyniers, que Hans ait été élevé «dans un environnement raciste ou violent».

Exclu pour une cigarette

C'est vêtu d'une longue veste noire, dans laquelle des insignes et des tracts d'extrême droite ont été retrouvés, qu'il a entamé son raid meurtrier, à la veille de son renvoi de l'internat de l'Institut de techniques agricoles et biologiques de Roulers.Son directeur a décrit Hans comme «un élève intelligent, sans problèmes scolaires». Il avait même été choisi pour siéger au conseil de l'école. Cette semaine, il a toutefois été surpris en train de fumer dans sa chambre, ce qui, selon le règlement, valait exclusion -et l'intéressé le savait.Le jeune homme avait laissé une lettre sur son lit. «Nous l'avons trouvée jeudi avant d'apprendre les faits, a dit M. Deprez. Elle était déconcertante, rédigée en deux parties. La première est écrite proprement, la seconde est griffonnée. Hans y parle du paradis, dit qu'il n'existe pas et remercie ses parents pour ce qu'ils ont fait pour lui. Il indique aussi que ses trois jeunes frères se sentiraient sans doute mieux s'il n'était plus là. L'incident de la cigarette est évoqué, mais il ne reproche rien à l'école», a affirmé Luc Deprez, ajoutant que rien dans la lettre n'évoque l'extrême droite.

© La Libre Belgique 2006