Ecrira-t-on un jour, dans les livres d'Histoire, que l'orange bleue a pris racine le jour de la Sainte-Catherine, ce 25 novembre où, selon le dicton populaire, tout arbre replanté s'épanouit ? À moins qu'elle ne piétine toujours...

Note institutionnelle

Dimanche en milieu d'après-midi, le formateur Yves Leterme a donc réuni à nouveau les négociateurs, jugeant peut-être que ses dernières propositions pouvaient constituer une base pour un accord institutionnel. Ils ont même prolongé la réunion en "allant manger quelque chose ensemble". Mais peu avant 23 heures, Yves Leterme décidait de suspendre la rencontre, sans accord et, selon les commentaires que son porte-parole confiait à l'agence Belga, sans aucun progrès... le fossé demeurant tel qu'il est entre le cartel flamand et surtout la N-VA, qui exige des garanties quant à une prochaine réforme de l'Etat et les francophones qui souhaitent confier ce travail à une Convention.

Après avoir passé des heures et des jours à tenter d'imposer une note institutionnelle très précise, les négociateurs des quatre partis semblaient s'être entendus, dimanche soir pour se contenter d'une version assez "light". Les partis de l'orange bleue s'engageraient à ce qu'il y ait bien une réforme de l'Etat, mais le menu ne mentionnerait pas les "casus belli" que représente la régionalisation du marché du travail, de la fiscalité ou de la sécurité sociale. La problématique institutionnelle serait donc bel et bien confiée à une Convention d'une cinquantaine de personnes (représentants fédéraux, des parlements et des gouvernements des entités fédérées). Ladite Convention serait gérée par un bureau de 8 personnes. Qui ? Sages ou hommes politiques de premier plan ? Les partis politiques enverraient finalement qui ils veulent. Le gouvernement, par le biais de ses ministres des réformes institutionnelles, veillerait au bon déroulement des travaux et fixerait des dates relais. Mais la Convention serait ouverte et travaillerait assez librement. C'est donc vers un scénario découplant les deux négociations (institutionnelle d'une part, socio-économique de l'autre) que l'on pourrait aller.

"Pourrait" car selon les premiers commentaires, ce scénario se heurterait toujours au "niet" de la N-VA dont les responsables sont tenus au courant mais ne siègent pas à la table des négociations. Il y a 5 jours déjà, un accord entre les 4 partis avait été balayé par Bart De Wever (le vrai patron du cartel ?) au motif que le menu institutionnel ne contenait pas la régionalisation de la sécurité sociale. Finalement, Jo Vandeurzen avait cédé, soutenu par ceux - de plus en plus nombreux - qui dans son parti, le poussent à se montrer inflexibles face aux francophones. Le cartel va donc devoir prendre ses responsabilités.

Un PS changeant et divisé

Reste cette épineuse question : les partis démocratiques (ceux de l'opposition en particulier) accepteront-ils, finalement, de participer à cette Convention et d'apporter leur soutien à une réforme de l'Etat ? Après les débats du week-end, il n'est toujours pas possible de savoir ce que le PS, adoptera comme attitude. On peut penser que le "oui" conditionnel d'Elio Di Rupo l'emportera sur le "non" qui semble ferme et définitif de Laurette Onkelinx. Dimanche, à RTL, Rudy Demotte s'est gentiment moqué de ce "bidule" (il vaut bien, a rétorqué Francis Delpérée, celui de Marie Arena) sans affirmer que le PS boycotterait la Convention.

Le formateur ira présenter un nouveau rapport intérimaire au Roi ce lundi. La suite ? On verra si l'optimisme, affiché par quelques uns, permet toujours d'espérer que la Belgique aura un gouvernement pour Noël.

Un accord institutionnel libérerait la route pour un accord global entre partenaires de l'orange bleue. Mais il y aura encore des dossiers délicats : déjà, les libéraux rappellent qu'ils tiennent, eux, à une autre réforme importante : fiscale, cette fois...