La pluie battait le trottoir, cet après-midi à Etterbeek. Mais les parents qui font le pied de grue depuis plusieurs jours devant l'institut Saint-Jean Berchmans savent que la patience est la meilleure arme qui leur reste s'ils souhaitent inscrire leur progéniture dans cette école jésuite réputée huppée de la Communauté flamande.

Pierre est papa, depuis décembre 2005. Comment son choix s'est-il porté sur cette école ? " Par choix personnel : je crois que le programme est intéressant, et elle a également une bonne réputation. En plus, je n'habite pas très loin, et il y a des facilités de transport si le besoin s'en fait sentir ." Sa veste brune ne cache pas son sourire : malgré l'attente et la pluie, il reste de bonne humeur.

Mais les parents ne sont pas les seuls à attendre, il y a aussi des grands-parents : ainsi, cette grand-mère, Zoé, venue inscrire sa petite-fille en première primaire. Elle patiente depuis hier, mais sait qu'il reste peu de places : " Ils ont ajouté une classe de première primaire à celles déjà existantes. Cela faisait donc 16 nouvelles places, mais 8 sont déjà réservées. Résultat, il n'y en a plus que 8 à prendre ! " Pour éviter un maximum les conflits, une liste a été dressée par Pierre et affichée sur les portes closes de l'école. Chaque parent venu inscrire un enfant écrit son nom et la classe désirée : première primaire, première maternelle... Alors, chacun a autant de chance que les autres ? " Pas vraiment, explique la grand-mère.Par exemple, moi, j'ai trois petits-enfants dans la section secondaire de Saint-Jean Berchmans. Ça, ça n'apporte aucun bénéfice pour s'inscrire dans la section fondamentale, car chacune des deux sections a sa propre direction. Mais ceux qui ont déjà un enfant ici dans le fondamental, eux, ils partent avec une longueur d'avance..."

Pour parvenir à décrocher tout de même une place, une dizaine de parents restent là jour et nuit. Et les tentes sont bien trop petites pour contenir tout le monde. D'autres solutions ont dû être trouvées, comme l'explique Zoé : " Moi je dors dans la voiture, j'y ai installé un matelas. Et avec l'éclairage public, je peux aussi lire le soir. La nuit passée, c'est mon beau-fils et mon petit-fils qui ont dormi là. Pour le fiston, c'était amusant d'accompagner son père comme ça, c'est une sorte d'aventure... " Mais pourquoi cette grand-mère vient-elle en remplacement des parents ? " Ils ont un commerce à Braine-le-Comte. Les enfants prennent le train jusqu'à Bruxelles. Pour eux, cette école est pratique, car c'est tout proche de la gare de Bruxelles-Midi ..."

L'école est gérée par la Flandre. Mais il n'y a pas que des jeunes néerlandophones dans l'établissement, comme le dit Pierre : " Les francophones sont acceptés, même si je pense qu'ils ne doivent pas être majoritaires. Et puis, tous les ans, des rencontres sont organisées avec la communauté hispanique du quartier. Une école flamande, mais ouverte sur le monde ..."

Ouverte, elle ne le sera plus pour tout le monde, dès jeudi. C'est demain, en effet, à 8 heures précises, que les inscriptions seront définitivement closes. Rendez-vous l'an prochain pour un nouveau campement...