Abid Aberkan vient d'être placé sous mandat d'arrêt. Sa maman a été libérée sous conditions.

C'est chez elle qu'Abid Aberkan a trouvé une planque pour Salah rue des Quatre Vents à Molenbeek.

L'avocate d'Abid Aberkan et de sa maman, la célèbre pénaliste Nathalie Gallant, ne fait aucun commentaire.

Pour rappel, Abid Aberkan (dont nous diffusions la photo ce samedi) avait porté le cercueil de Brahim Abdeslam jeudi. C'est par lui que la police aurait pu retrouver la trace de Salah. (Tous les détails ici)

D'autre part, Amine Choukri, interpellé avec Salah Abdeslam vendredi à Molenbeek, a été placé sous mandat d'arrêt par un juge d'instruction, a appris Belga de bonnes sources. L'homme était connu de la justice après avoir été contrôlé, aux côtés de Salah Abdeslam, le 3 octobre 2015 sur un parking autoroutier près de Ulm, en Allemagne. Ses empreintes avaient été relevées, ce qui a permis aux enquêteurs de l'identifier formellement vendredi.

Ses empreintes avaient également été retrouvées dans la maison d'Auvelais qui avait servi de cache aux terroristes. Parallèlement, un faux passeport syrien au nom de Monir Ahmed Alaaj ainsi qu'une fausse carte d'identité belge au nom d'Amine Choukri ont été découverts dans la maison perquisitionnée mardi à Forest. Ces deux identités seraient fausses et les empreintes de l'homme ne seraient répertoriées dans aucune banque de données au monde.

Les enquêteurs ignorent donc qui est réellement cet individu et son rôle exact dans les attentats de Paris.


Le recel de malfaiteurs est punissable en Belgique

Héberger un criminel n'est pas forcément punissable en Belgique, explique samedi Me Pierre Chomé, à l'agence Belga. Une personne qui héberge un criminel ne peut être poursuivie pénalement que si elle a connaissance de la personnalité de son hôte particulier. Vu la médiatisation de la recherche de Salah Abdeslam, la personnalité de ce dernier devait être connue de la famille, relève l'avocat pénaliste et assistant de droit pénal à l'ULB. En Belgique, le recel de malfaiteurs est punissable mais cette notion est désuète. La Justice préfère aujourd'hui retenir la participation à une organisation criminelle.

Dans le cadre d'attentats, cette organisation sera à vocation terroriste. Il ne faut pas nécessairement participer à un projet terroriste pour être perçu comme membre d'une organisation à vocation terroriste, souligne Me Chomé. Une aide logistique, comme la préparation de repas ou l'hébergement, peut suffire.

"La Justice peut parfois perdre son sang-froid et on a le sentiment qu'elle peut faire preuve de jusqu'au boutisme. En même temps, le monde politique prend des mesures de plus en plus sévères, sans apporter de moyens complémentaires", met en garde l'avocat pénaliste, tout en reconnaissant le caractère sensible des enquêtes liées au terrorisme. "A la fois, un seul malfaiteur ne va pas très loin et l'aide de personnes est indispensable (à l'exécution d'actes criminels). L'organisation criminelle n'a pas forcément vocation à exécuter un projet dans l'immédiat. Il s'agit dès lors de s'attaquer aux structures dormantes", précise-t-il.

Enfin, si la prévention de participation à une activité criminelle est retenue, il convient de distinguer le rôle des suspects, selon qu'ils soient simples soldats (membres) ou dirigeants.