Belgique L’homme recherché par toutes les polices était associé d’une société voisine du lieu où séjournait Ayoub El Khazzani.

La coïncidence ne peut pas en être une. Hier, la RTBF a révélé que Mohamed Abrini, suspect de complicité des attentats de Paris, avait été associé d’un salon de coiffure pour dames, sous la dénomination de SPRL Tamimi, de septembre 2013 à décembre 2014. Or, cette société était basée au n°3 de la rue Ransfort, à Molenbeek. C’est-à-dire comme voisin direct de l’appartement où Ayoub El Khazzani avait été logé, avant de commettre un attentat terroriste à bord du Thalys, le 21 août 2015. Armé d’une kalachnikov, l’homme âgé aujourd’hui de 26 ans avait alors été stoppé grâce au courage de deux militaires américains qui avaient su le maîtriser.

Ayoub El Khazzani logeait régulièrement chez sa sœur dans cet immeuble voisin de l’ancien salon de coiffure de Mohamed Abrini, aujourd’hui transformé en snack.

Nos confrères de la Dernière Heure affirment que El Khazzani fréquentait régulièrement la mosquée Loqman, elle aussi située rue Ransfort. Plusieurs de ses fidèles étaient en effet parti faire le djihad en Syrie. Cette mosquée connue pour sa radicalisation faisait l’objet de surveillances policières régulières. De nombreux habitants de la rue Ransfort sont en effet partis en Syrie faire le djihad.

Aujourd’hui mis en examen et écroué en France pour tentative d’assassinats terroristes, El Khazzani devrait logiquement être mis sur le gril par les enquêteurs français. Histoire de voir s’il n’a pas de renseignement sur le parcours de Mohamed Abrini.

Le profil de ce dernier s’est affiné hier. Un passé de petit délinquant, une tentative de mettre pied dans le monde professionnel, un départ en Syrie et une longue descente vers le terrorisme. Un air de déjà-vu.

Selon nos informations , cet homme âgé de 30 ans a été condamné à plusieurs reprises par le tribunal correctionnel de Bruxelles. En avril 2015, il a été puni par une simple peine de travail par la cour d’appel de Bruxelles pour une série de vols à la tire et à la roulotte, commis entre 2007 et 2010. Jugé en décembre 2014, il s’était absenté au prononcé et avait été condamné à 18 mois de prison avec arrestation immédiate.

Interpellé quelques semaines plus tard, il a été emprisonné à Forest. Là, il a fait appel de la décision. La cour d’appel a réformé le premier jugement et l’a condamné à une simple peine de travail, en avril 2015. "C’était quelqu’un qui présentait bien, tout à fait correct et raisonnable. Pas hyperloquace mais pas effrayant non plus" , indique une source qui l’avait connu à cette époque.

Ce passage à Forest l’a alors bouleversé. En juin 2015, selon une information de France 2 citant le parquet fédéral, il est vu en Turquie. Il serait revenu en Belgique peu après, en juillet 2015. Son passage en Syrie est toujours en vérification. Mohamed Abrini figurait sur une liste de 80 personnes radicalisées envoyée à la bourgmestre de Molenbeek Françoise Schepmans, sous l’appellation "présumé en Syrie et présumé de retour" .

Figurait-il sur cette fameuse liste en avril 2015, au moment de sa condamnation en appel à une simple peine de travail ? Si oui, alors cela pose problème, car le ministère public n’en avait pas fait mention à l’audience.

Abrini est recherché pour avoir été vu dans la Clio noire qui a servi aux attentats de Paris. Il était alors en compagnie de Salah Abdeslam, l’ennemi public numéro 1.