Nos confrères de France Inter ont pu consulter les documents de l'audition de Mohamed Abrini le 1er juin 2016, soit deux mois après son arrestation à Anderlecht.

"L'homme au chapeau" explique à la juge d’instruction les préparatifs des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Mohamed Abrini définit le dernier voyage vers Paris comme "un convoi de la mort."

Avant de rejoindre la capitale française, ce convoi s'arrête le 12 novembre dans une planque de Charleroi. "Tous les gars qui étaient dans l'appartement, dans le convoi c'étaient mes derniers potes (...) Dans ma tête je sais qu'ils vont aller vers la mort. (...) C'est comme si je les accompagne vers leurs derniers instants", poursuit Abrini.

Mohamed Abrini quitte les autres terroristes dans la planque de Bobigny. "Ils étaient calmes, tranquilles. Ils préparaient à manger dans la cuisine, regardaient la télé. Je ne voyais pas de stress en eux."

De planque en planque

Suite aux attentats, Mohamed Abrini est, après Salah Abdeslam, l'homme le plus recherché du Vieux continent. Il se terre et déménage à de multiples reprises. Lors de son audition il décrit ses planques. A la rue Henri Bergé à Schaerbeek, Abrini explique disposer d'une machine à coudre, "l'objet le plus gentil parmi tous les objets qui étaient là". Il y avait aussi "un genre de bac avec de la poudre qui sert au TATP et des fils".

Le groupe déménage à Jette. Les conditions de vie sont spartiates. "C'était tout petit et on était à six dedans. En plus, il y avait beaucoup d'humidité. Je n'ai pas vu de fabrication d'explosifs là-bas. Pour préparer ces choses-là, il faut de l'espace, un appartement en hauteur, c'est ce que Najim (Laachraoui) m'avait dit car l'odeur est insoutenable."

A la rue du Dries à Forest, le groupe se scinde en deux. Mohamed Belkaïd, Salah Abdeslam et Sofien Ayari restent tandis que Mohamed Abrini, Najim Laachraoui et Ossama Krayem quittent les lieux pour une dernière planque d'où ils partiront pour commettre les attentats de Bruxelles le 22 mars.