Le Centre d'arbitrage en matière d'abus sexuels a donné droit à 507 demandes de victimes de prêtres pour un montant de 3 millions d'euros, ressort-il du rapport du comité scientifique du Centre publié jeudi par le parlement fédéral. La quasi-totalité des dossiers acceptés a pu être résolue par la conciliation. 

Si les faits de moeurs impliquant des prêtres alimentent la chronique depuis de nombreuses années, il faudra attendre 2010 et le traumatisme de l'affaire Van Gheluwe, du nom de l'ancien évêque de Bruges soupçonné de plusieurs abus, pour que l'Eglise prenne sérieusement en compte l'ampleur du problème. Cette année-là, le parlement met en place une commission spéciale présidée par Karine Lalieux (PS) qui mènera des auditions et recommandera la création d'un Centre d'arbitrage pour indemniser tant que faire se peut les victimes de faits prescrits vu leur ancienneté.

Entre 2012 et 2016, le Centre a reçu 628 dossiers, ainsi que l'indiquaient mercredi le journaux de SudPresse. Il en a clôturé 121 sans compensation financière pour des motifs divers: l'auteur des abus n'était pas un prêtre, le demandeur s'est désisté ou les preuves manquaient. Dans 507 cas, il y a eu une compensation et, dans 482 cas, elle a été obtenue par conciliation, sans que le centre ne doive procéder à un arbitrage. Le rapport relève à cet égard l'attitude conciliante de "Dignity", la fondation créée par l'Eglise catholique pour la représenter dans ces procédures.

Les cas des victimes mineures au moment des faits ont été pris selon 4 catégories: attentat à la pudeur sans violences ni menaces, attentat à la pudeur avec violences ou menaces, viol et faits relevant des autres catégories mais à la gravité exceptionnelle. Un maximum était établi par catégorie: 2.500 euros, 5.000 euros, 10.000 euros et 25.000 euros. Le suicide d'une victime était également pris en compte avec une compensation maximale de 7.000 euros pour les proches. La plupart des faits relevaient des catégories 2 et 3.

Les victimes venaient surtout de Flandre puisque 449 demandes ont été introduites en néerlandais, contre 178 en français et une en allemand. Trois quarts d'entre elles avaient entre 8 et 15 ans au moment des faits. Il s'agissait surtout d'hommes.