Les Pères Augustins de Gand et leur supérieur, suspectés par l'auditorat du travail d'avoir fait travailler de jeunes Africains en formation au sein du monastère sans les payer, ont été acquittés mercredi devant le tribunal correctionnel de Gand. Ils étaient poursuivis pour traite d'êtres humains, travail au noir et faux en écriture. D'après l'auditorat du travail, de faux documents avaient été utilisés en vue d'obtenir un titre de séjour pour au moins 19 personnes, dont 18 sont originaires du Bénin, du Togo ou de Côte d'Ivoire, et une du Vietnam.

Les Pères Augustins assuraient que tous étaient des membres de l'Ordre de Saint-Augustin et qu'ils avaient suivi une formation de deux ans en tant que moines dans leur pays.

Selon l'auditorat du travail, 13 travailleurs avaient été victimes de traite d'êtres humains et quatre avaient été employés alors qu'ils ne disposaient pas d'un titre de séjour en règle.

L'enquête, liée à des perquisitions effectuées en décembre 2014 à Gand et à Louvain, avait débuté après le dépôt d'une plainte accusant les Pères Augustins d'avoir emmené des Africains en Belgique sous prétexte que ceux-ci allaient y suivre un séminaire. Durant leur séjour, ces personnes ont affirmé avoir dû travailler sans être payées, effectuant notamment des prestations de traiteur pour l'ASBL Thagaste dans l'enceinte du monastère.

En 2010, le supérieur Paul De Wit avait déclaré dans la presse vouloir ouvrir le monastère à des conférences, réceptions, fêtes privées ou activités culturelles. "Nous avons aussi l'intention d'impliquer les étudiants originaires d'Afrique et du Vietnam qui suivent une formation dans notre monastère. C'est un exercice idéal pour entrer en contact avec le monde extérieur", avait-il indiqué.