Le parquet de Bruxelles confirmait hier que l’information judiciaire ouverte sur les activités d’Alain Courtois couvrait également la candidature belge à l’organisation de la Coup du monde 2018. Comme indiqué au mois de mai dernier, l’ASBL Beltomundial, instrument de pilotage d’une candidature incarnée par Alain Courtois, avait été créée en 2007 et concentrait un ensemble de subsides provenant de tous les niveaux de pouvoir du pays : fédéral, régional et communautaire. L’ASBL a notamment perçu 1,2 million d’euros du gouvernement fédéral, 600000 euros de la Communauté flamande, ainsi que 600000 euros de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie Bruxelles. A cela s’ajoutent 150000 euros apportés par la Région bruxelloise et 15000 euros par la Communauté germanophone. Des sponsors privés, des interventions de Bpost et de la Loterie nationale complétaient une enveloppe avoisinant les 10 millions d’euros. Au printemps dernier, il était apparu que Lielens, société actionnaire de la SA d’Alain Courtois E2M, avait assuré la communication de la candidature belgo-hollandaise à l’organisation de la Coupe du monde. Une candidature qui, pour rappel, n’a pas abouti. Une situation qui pourrait donner lieu à un conflit d’intérêts.

Le parquet de Bruxelles indique donc que ses investigations portent également sur cette opération. Par ailleurs, le FDF entend bien porter le dossier au niveau fédéral. Olivier Maingain, président du parti et député fédéral, confirme à "La Libre" que des questions seront posées à la rentrée parlementaire de la Chambre afin d’obtenir des informations sur "les conditions de subsidiation de cette ASBL". Le FDF se demande notamment comment l’argent public a exactement été dépensé durant cette candidature et combien Alain Courtois a-t-il perçu pour ses services. On se demande également pourquoi Alain Courtois a continué à être rémunéré pendant plusieurs mois après l’échec de la candidature, comme le montre la dernière déclaration de mandats du sénateur MR rendue publique au mois d’août.

En attendant, l’enquête sur l’ASBL Irisport défraye la chronique depuis lundi, fragilisant la candidature du sénateur MR au maïorat de la Ville de Bruxelles et déstabilisant au passage le gouvernement bruxellois, qui a subsidié l’association du sénateur pendant cinq ans alors que celle-ci avait agi en infraction à la loi sur les marchés publics en 2007 et donnait lieu à un conflit d’intérêts.

Cette situation fut soulignée par l’Inspection des finances régionale. Son rapport estime par ailleurs que le conflit d’intérêts a pris fin au moment ou Alain Courtois a quitté Irisport, début 2012. Ce que le député Emmanuel De Bock conteste aujourd’hui en affirmant que "plusieurs personnes ayant des intérêts dans les sociétés Lielens et E2M" sont aujourd’hui aux commandes d’Irisport.

Le MR prend aujourd’hui acte du déroulement de l’affaire et "place sa confiance en la justice". Rappelons qu’Alain Courtois est évidemment présumé innocent et assure avoir agi par souci d’efficacité et en toute transparence. La pression médiatique s’est spectaculairement intensifiée ces derniers jours sur la tête de liste MR à la Ville de Bruxelles. Qui le restera jusqu’au 14 octobre.