Ces deux-là décidément ne s’aiment pas beaucoup… Après que le patron de l’administration fédérale de la Politique scientifique, Philippe Mettens, a transmis au parquet un dossier à charge de l’explorateur polaire, c’est au tour d’Alain Hubert de contre-attaquer sur le terrain judiciaire. En effet, l’avocat de l’aventurier qui pilote les missions scientifiques belges en Antarctique va déposer plainte ce jeudi contre Philippe Mettens.

Cette plainte, avec constitution de partie civile, sera déposée ce jeudi entre les mains d’un juge d’instruction, nous confirme Gilles Vanderbeck, l’avocat d’Alain Hubert dans cette affaire. Le juge d’instruction devra instruire obligatoirement le dossier et, une fois ses conclusions rendues, le parquet pourra décider de poursuivre ou non Philippe Mettens.

Quels sont les motifs exacts de la plainte ? Dénonciation calomnieuse et calomnies. Alain Hubert et son conseil estiment que le dirigeant de la Politique scientifique a en effet franchi ces deux limites en transmettant un dossier au procureur du Roi de Bruxelles contre l’explorateur, un dossier qui dénonçait des conflits d’intérêts et des prises illégales d’intérêts d’Alain Hubert dans le cadre de la gestion de la station polaire Princesse Elisabeth dont il assume la gestion avec sa fondation (la Fondation polaire internationale). Alain Hubert, ajoute encore son avocat, attaque aussi Philippe Mettens pour divers propos tenus dans les médias sur les derniers rebondissements entourant la base belge en Antarctique.

"Pas de conflit d’intérêts"

Pour rappel, suite à la dénonciation faite par Philippe Mettens, le parquet de Bruxelles a ouvert une information judiciaire sur l’existence ou non des conflits d’intérêts concernant l’explorateur polaire dans le cadre des missions en Antarctique. En gros, l’administration fédérale dénonce un système où Alain Hubert (et sa fondation) est à la fois le bénéficiaire d’argent public destiné à financer la base polaire et à la fois le président de l’organisme public-privé chargé de gérer ces financements.

Toutefois, Alain Hubert a rejeté à plusieurs reprises ces accusations. Encore tout récemment, il a fait savoir par un communiqué de la fondation polaire qu’elles étaient "totalement erronées".

Rappelant les accords qui ont présidé au lancement de la station polaire Princesse Elisabeth, Alain Hubert estimait entre autres que le système mis en place à l’époque respecte les règles de droit et reflète la volonté initiale de l’Etat belge. Le communiqué insistait également sur le bilan des missions en Antarctique menées ces dernières années sous la responsabilité d’Alain Hubert et de sa fondation.

Tandis que la bataille judiciaire fait rage entre Philippe Mettens et Alain Hubert, le gouvernement fédéral tente pour le moment de s’entendre sur un nouveau mode de gestion de la station polaire belge. Il s’agit d’éviter à l’avenir toute nouvelle suspicion de conflits d’intérêts. La volonté du gouvernement est aussi de faire revenir davantage la gestion de la base Princesse Elisabeth dans le giron des pouvoirs publics.