Là, c’est sûr, c’est la guerre totale entre l’explorateur polaire Alain Hubert et le patron de l’administration fédérale en charge de la Politique scientifique, Philippe Mettens (qui est aussi le bourgmestre PS de Flobecq). Désormais, Alain Hubert et sa fondation (International Polar Foundation, IPF) menacent Philippe Mettens de mener des procédures en Justice contre lui. "La Fondation, Alain Hubert, les personnes et les sociétés mises en cause ouvertement par Monsieur Mettens se réservent le droit de citer ce dernier en Justice, ensemble ou séparément, et de réclamer des dommages et intérêts pour calomnie portant gravement atteinte à leur intégrité et leur respectabilité et ce, à hauteur des préjudices subis dont il ne semble pas prendre mesure", annonce un communiqué de la fondation polaire transmis hier.

Un rappel tout d’abord. "La Libre" l’a révélé ce week-end : Philippe Mettens a transmis un dossier à charge de l’explorateur au procureur du Roi. Il se plaint du système de gestion de la station polaire belge en Antarctique - la base Princesse-Elisabeth - mis en place par Alain Hubert. Selon le document qu’a reçu le parquet, et que nous avions pu consulter avant d’en révéler le contenu dans "La Libre", Alain Hubert est accusé par Philippe Mettens de conflit d’intérêts et de prise d’intérêts. En résumé, il est président des deux institutions qui font vivre la base polaire et les missions scientifiques en Antarctique qui l’utilisent. Il a donc, selon l’administration, un droit de regard trop important sur les financements qui y transitent.

Par ailleurs, dans le dossier transmis au parquet, il est également reproché à Alain Hubert d’être présent dans des sociétés qui sont en fait des prestataires de service pour les missions polaires à la station Princesse-Elisabeth. Ce "micmac" , pour reprendre l’expression du secrétaire d’Etat à la Politique scientifique, Philippe Courard (PS), a convaincu ce dernier de réformer le mode de fonctionnement de la station et des missions. En gros, Alain Hubert ne sera plus le seul explorateur possible et ses missions seront mises en concurrence via des marchés publics.

"Une gestion rigoureuse"

Toutefois, la fondation polaire ne compte pas se laisser faire. Dans son communiqué d’hier, elle cible encore Philippe Mettens : "Ce fonctionnaire dirigeant de la Politique scientifique tient des propos non fondés et préjudiciables à l’encontre de la fondation, ses partenaires et son président, Alain Hubert. Ce dernier est actuellement en mission pour quatre mois en Antarctique pour l’Etat belge. Il accompagne des scientifiques à plus de 250 km de la base Princesse-Elisabeth, fait connu de la Politique scientifique, ne pouvant ainsi répondre personnellement a ces allégations […] Le rapport d’Ernst & Young, commandité par la Politique scientifique (invoqué dans le dossier transmis au parquet) est en réalité très positif pour l’IPF et souligne la gestion rigoureuse, efficace et parcimonieuse de la station Princesse-Elisabeth."