Le suspect qui portait mardi matin rue Neuve à Bruxelles une ceinture d'explosifs factice et qui affirmait avoir été enlevé, a reconnu avoir inventé son prétendu enlèvement, a indiqué le parquet de Bruxelles. Lors d'une visite domiciliaire effectuée chez la mère du suspect, la police a trouvé des restes du matériel ayant servi à la fabrication de la ceinture factice, qui contenait des biscuits et du sel. 

L'homme né en 1990 avait déclaré à la police qu'il avait été enlevé dans une voiture puis déposé rue Neuve à Bruxelles, avec une ceinture d'explosifs. Le suspect avait décrit le véhicule dans lequel il prétendait avoir été enlevé. Ce véhicule a été retrouvé à Schaerbeek et son conducteur interpellé. Ce dernier a finalement été remis en liberté. Le suspect a en effet reconnu avoir relevé au hasard en rue une plaque d'immatriculation.

Le parquet de Bruxelles a saisi un juge d'instruction du chef de "fausse information concernant le danger d'un attentat" et requis une mise sous mandat d'arrêt ainsi qu'une expertise psychiatrique. Le juge d'instruction dispose d'un délai de 24 heures à partir de l'heure de privation de liberté du suspect pour prendre sa décision.

Un suspect connu des services, selon Koen Geens

Le suspect arrêté était connu des services de renseignement, a indiqué le ministre de la Justice Koen Geens. "On peut supposer qu'il avait des sympathies avec l'Etat islamique", a-t-il ajouté, interrogé dans les couloirs de la Chambre. Le ministre n'a pas voulu faire d'autre commentaire, renvoyant au parquet pour d'autres informations.

A l'instar du Premier ministre Charles Michel, il a assuré que la situation était sous contrôle. "La menace n'est plus du tout imminente", a précisé M. Geens.

Tout est parti d'un appel téléphonique

La police a donc été avertie "d'une situation suspecte par l'appel d'un particulier vers 05h30", avait indiqué un peu plus tôt la porte-parole de la police de Bruxelles Capitale-Ixelles, Ilse Van de keere.


Charles Michel quitte rapidement le Lambermont, "la mine grave"

"Pour l'instant, la situation est sous contrôle", a indiqué le Premier ministre Charles Michel en quittant le centre de crise où avait lieu une réunion du conseil national de sécurité. "Les services de sécurité restent extrêmement vigilants", a-t-il précisé.

Le Premier ministre s'est refusé à tout autre commentaire, renvoyant au Parquet de Bruxelles pour des informations plus détaillées.

A noter que Charles Michel, qui devait participer à une émission radioà 7h50, avait a précipitamment quitté le Lambermont, "la mine grave", jugeant la situation à City 2 très sérieuse.

Le périmètre de sécurité levé et la rue Neuve à nouveau accessible

Le Service d'Enlèvement et de Destruction d'Engins Explosifs (SEDEE) a quitté les lieux vers 10h30. Le périmètre de sécurité a été levé dans la foulée et les effectifs policiers ont été considérablement réduits. La rue Neuve est à nouveau accessible aux piétons. Les premiers magasins ouvrent leurs volets.

Tous les accès à la station de métro Rogier sont à nouveau ouverts sauf un

Tous les accès à la station de métro Rogier sont à nouveau ouverts au public sauf un, a indiqué une porte-parole de la Stib peu après 11h30. Il s'agit de l'accès via la place Charles Rogier, qui avait déjà été fermé durant le week-end "en raison du contexte sécuritaire".

En surface, la circulation des bus avait été interrompue pendant une heure à l'arrêt Rogier. Mais celui-ci est à nouveau desservi normalement, a précisé la porte-parole de la Stib.

Le niveau de menace reste à 3, les mesures de sécurité inchangées

Le niveau de menace sur le territoire belge est maintenu à 3 - sur une échelle de quatre - et aucune nouvelle mesure de sécurité n'a été prise en dépit de l'alerte à la bombe survenue mardi matin au centre commercial City 2, a annoncé le centre de crise fédéral.


Yvan Mayeur assure qu'il n'y a aucune menace particulière sur les commerces

Le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur a assuré mardi matin qu'il n'y avait aucune menace particulière sur les commerces. "Il ne faut pas alimenter une crainte quelconque par rapport aux commerces", a affirmé Yvan Mayeur. Selon le bourgmestre, le suspect déclare avoir été déposé sur place par des amis tôt en matinée. Il est connu des services de police, ce qui était inquiétant, d'après M. Mayeur. "On reste en niveau 3 d'alerte, donc il faut rester prudent de manière générale", a-t-il ajouté. "Il s'agit peut-être d'une provocation, mais la mise en scène se fait quand même avec une ceinture d'explosifs, ce qui touche au terrorisme".

Le porte-parole des pompiers Pierre Meys précise que seule une ambulance a été envoyée sur place pour le suspect tôt en matinée, mais que leurs services n'ont pas été mobilisés pour la suite de l'intervention.