Une délégation de parlementaires Ecolo et Groen ! a rendu visite jeudi après-midi à la petite Angelica Cajamarca et à sa maman, détenues depuis le 30 juin dernier au centre fermé 127 bis de Steenokerzeel. Dénonçant "une indifférence politique consternante" les parlementaires Ecolo se sont également indignés "d'u ne situation scandaleuse, en totale contradiction avec le minimum d'humanité que chacun porte en lui".

Depuis l'arrêt de la chambre des mises en accusations de Bruxelles rendu mercredi qui avait réformé l'ordonnance de remise en liberté de la chambre du conseil, il semble en effet que seul un acte de clémence de la part du ministre de l'Intérieur puisse empêcher l'expulsion de la fillette de 11 ans et de sa maman vers l'Equateur.

La semaine dernière déjà, le président équatorien Rafael Correa, en séjour privé dans notre pays, leur avait rendu visite, estimant "injuste qu'un enfant soit privé de liberté" et avait demandé expressément à son ambassadeur d'entreprendre des actions pour les faire libérer. Sans succès cependant.

Un cas emblématique

S'il fait l'objet d'une importante attention médiatique, le cas d'Angelica est cependant loin d'être isolé et reste emblématique d'un problème récurrent et régulièrement dénoncé dans notre pays, à savoir celui de l'enfermement de mineurs en centre fermé pour étrangers en situation illégale.

Se basant sur les chiffres du ministère de l'Intérieur, l'ASBL Cire, dénombre ainsi près de 700 cas rien que pour l'année 2006, autant de violations manifestes, selon elle, de la Convention internationale des droits de l'enfant qui interdit la détention administrative pour un enfant.

Une quinzaine de mineurs d'âge seraient en outre actuellement détenus dans trois centres fermés et si la durée moyenne de ces détentions est de deux à quatre semaines, le Cire estime que ces chiffres masquent des réalités autrement plus longues et dommageables, pouvant aller jusqu'à quatre ou cinq mois.

Bien conscient de ce problème, le ministère de l'Intérieur avait commandé une étude dont les conclusions rendues en février 2007 recommandaient la cessation de ces pratiques. La recherche de solutions concrètes appartiendra toutefois au futur gouvernement. En attendant, les journées d'Angelica sont longues au centre fermé 127 bis et la députée Zoé Genot qui lui a rendu visite a expliqué que sa maman était désespérée et que la petite souffrait de voir sa maman dans un tel état. Le père de la fillette, toujours en liberté bien que lui aussi en séjour illégal, a quant à lui joué son ultime espoir en adressant une lettre au Roi et à Yves Leterme.