Mettons-nous tous autour de la table pour débattre du projet francophone." Tel est le message que délivrera la ministre-Présidente du gouvernement de la Communauté française, à l'occasion de la rentrée parlementaire, ce jeudi matin. Un discours qu'elle veut "en rupture" par rapport au passé.

A l'heure où les francophones se doivent d'être "vigilants face à la radicalisation du nord du pays", Marie Arena (PS) veut réunir tous les francophones dans une Commission mixte "Wallonie-Bruxelles 2009". Y seraient conviés des représentants des quatre partis démocratiques, certes, mais également des membres de la société civile : acteurs socio-économiques (patronat et syndicat), académiques (représentants des pôles universitaires), culturels (écrivains, cinéastes...) et des médias.

Loin de limiter le débat à l'institutionnel, Marie Arena entend le faire porter sur cinq questions essentielles. 1° Quel projet pour les francophones dans l'Etat fédéral actuel ? 2° Comment concilier l'identité régionale et le lien, la solidarité entre les francophones de Bruxelles, de Wallonie et des communes périphériques à la frontière linguistique ? 3° Quelles synergies concrètes dans quelles politiques ? Comment dépasser certaines concurrences, notamment en matière économique ? Quels liens avec les Communautés flamande et germanophone ? 4° Quelle place pour les francophones au sein de la Belgique, de l'Europe et du monde ? 5° "Et si demain, on devait se séparer ?"

A un rythme mensuel, la trentaine de membres de cette commission, composée paritairement de Bruxellois et de Wallons d'une part, de politiques et de représentants de la société civile d'autre part, se réunira pour débattre de ces questions, dans le but ultime, non pas de voter des décrets, mais de faire des propositions concrètes pour la fin 2008, y compris, pourquoi pas ?, en matière institutionnelle. Le tout serait agrémenté de contributions de citoyens via des forums, notamment sur le web, et bénéficierait du soutien d'un secrétariat.

Pour Marie Arena, personne ne détient la vérité. Il ne s'agit donc pas de diviser, mais de rassembler les francophones autour "d'un destin commun". La ministre-Présidente estime que c'est ce travail de définition qui est la priorité et que ce qu'elle appelle "la tuyauterie institutionnelle" doit venir, si nécessaire, ensuite.

Reste à voir quelle sera la réaction des autres partis, particulièrement le MR, au Parlement.

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Voir également à ce sujet le débat au Parlement wallon en page 2