La cour d'assises de Bruxelles a décidé mercredi de reporter d'une semaine le procès de David Dupuis, Stephan Picron et Mosa Touili, afin de permettre au second avocat de Stephan Picron, Me Sven Mary, d'étudier le dossier. L'avocat a repris seul la défense de Stephan Picron à la suite de l'arrestation de son co-plaideur, Me Olivier Martins, mardi. Le procès reprendra le 22 mars prochain à 9h00. Dans ce dossier, David Dupuis est accusé d'avoir engagé deux hommes, Stephan Picron et Mosa Touili, pour tuer son père, Robert Dupuis. Ce dernier avait été abattu le 10 juin 2011 à Etterbeek. La cour reprendra le procès dès le 22 mars prochain à 9h00 en poursuivant l'interrogatoire des accusés, entamé mardi après-midi.

Dans ce début d'interrogatoire, Mosa Touili a maintenu ses aveux. Il avait déclaré avoir tiré sur Robert Dupuis, avec l'aide de Stephan Picron, et sur ordre de David Dupuis pour un contrat de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Stephan Picron, lui, a affirmé ne pas être impliqué dans le crime bien qu'il ait été impliqué dans sa préparation. Quant à David Dupuis, il conteste être le commanditaire du crime.

Robert Dupuis, un plombier âgé de 58 ans, avait été abattu de trois balles dans le corps, devant chez lui, rue de la Grande Haie à Etterbeek, le 10 juin 2011 vers 9h30.

A partir d'informations sur un véhicule suspect aperçu par des témoins peu avant le crime, la police était remontée jusqu'à Stephan Picron, un ancien policier de la zone Montgomery, puis vers Mousa Touili, un employé de la Stib.

Ces deux hommes étaient alors membres d'un même club de motards à Mons, les Outlaws.

La police était ensuite remontée vers le fils de la victime, David Dupuis, après avoir découvert que son numéro de téléphone était inscrit sur un ticket de train acheté par Stephan Picron.

Plusieurs témoins, des proches de Robert Dupuis, avaient révélé que les relations entre ce père et son fils n'étaient pas au beau fixe. Selon ceux-ci, Robert Dupuis avait menacé à plusieurs reprises son fils de lui couper les vivres en raison de "bêtises" que ce dernier avait commises.

L'enquête avait aussi révélé que David Dupuis voyait d'un mauvais oeil les investissements financiers que son père faisait en République dominicaine. Robert Dupuis, qui possédait une société de plomberie et était propriétaire de plusieurs immeubles en région bruxelloise, avait décidé de se retirer en République dominicaine, d'où sa nouvelle compagne était native, et d'investir là-bas son patrimoine immobilier. Son fils lui en avait fait le reproche, selon des témoins.

Dans la suite de l'enquête, Mousa Touili avait finalement avoué avoir tiré sur Robert Dupuis, avec l'aide de Stephan Picron, et sur ordre de David Dupuis, pour un contrat de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Par ailleurs, en mai dernier, la police avait été informée que David Dupuis, en liberté sous conditions, sa femme et leur fils avaient pris un vol à destination de Punta Cana en République Dominicaine, le 27 décembre 2015, en possession de faux passeports bulgares. Il était également apparu que David Dupuis avait vendu, à l'automne 2014, les trois immeubles qu'il avait hérités de son père, à Etterbeek et à Woluwe-Saint-Lambert, pour un montant total de 1.625.000 euros.

Cet accusé avait finalement pu être interpellé le 20 février dernier en République dominicaine puis transféré vers la Belgique où il est désormais incarcéré.


Trois avocats pour défendre Me Martins

Mes Michel Bouchat, Jean-Philippe Mayence et Jean-Pierre Buyle interviendront aux côtés de l'avocat Olivier Martins, placé sous mandat d'arrêt mardi, ont indiqué mercredi Mes Bouchat et Buyle. Me Olivier Martins a été inculpé mardi du chef de membre d'une organisation criminelle et placé sous mandat d'arrêt. Il est soupçonné d'avoir été impliqué dans la tentative d'évasion de la prison de Saint-Gilles du trafiquant de drogue Mohamed Benabdelhak, survenue le 13 avril 2014.

En cas de perquisitions dans ce dossier, un représentant du bâtonnier devra être présent, afin de vérifier que les pièces éventuellement emportées ont bien trait au dossier concerné, rappelle l'avocat pénaliste Adrien Masset.

L'accent du sud d'Olivier Martins, au barreau de Bruxelles depuis 1995, est bien connu des cour d'assises. C'est avec le procès de Basri Bajrami, ancien complice de Patrick Haemers, que le grand public découvrira le Perpignanais. Par la suite, Me Martins a défendu Abdallah Aït Oud, reconnu coupable en juin 2008 d'avoir enlevé, violé et tué les petites Stacy et Nathalie et condamné à la perpétuité.

Plus récemment, il avait obtenu la libération de Faycal Cheffou, soupçonné d'être impliqué dans les attentats à Bruxelles. Le pénaliste fût encore le conseil de Fouad Belkacem, porte-parole de Sharia4Belgium, et, par le passé, de Brahim Abdeslam, l'un des kamikazes des attentats de Paris, lorsque celui-ci était poursuivi à Bruxelles pour des vols de cartes d'identité.

La chambre du conseil doit se prononcer vendredi sur le maintien en détention de Me Martins.