L’ONG et l’Eglise veulent aider les demandeurs d’asile dans leur parcours du combattant.

La dimension exponentielle de la crise de l’asile et de la migration fait monter au front de la solidarité Caritas International et l’Eglise catholique belge. Pour l’organisation humanitaire et l’institution religieuse, il faut réagir humainement à l’explosion de détresse. D’autant plus que la Belgique n’est pas à l’abri de réactions xénophobes qui compliqueraient le problème. D’autant plus aussi que nombre de leurs sympathisants les invitent à agir. Ou plutôt à remettre le turbo car Caritas n’est pas novice en la matière… Il s’agit de réactiver une aide urgente qui fait ses preuves depuis quinze ans.

Pour un accueil individualisé responsable

Caritas suit de près un grand nombre de demandeurs d’asile dont la procédure est en cours. Cela l’a amené à opter clairement pour un accueil dans des logements individuels.

"Ce modèle, explique Gilles Cnockaert, le porte - parole de l’ONG , favorise l’autonomie de la personne , garantit la vie de famille et stimule l’intégration des personnes dans leur environnement local. Caritas peut offrir tout le service d’accompagnement des demandeurs d’asile (accompagnement social et coordination des conditions de logements) forte de son expertise et de son agrément. Mais nous ne pouvons mobiliser assez de logements par nos seuls moyens." Ces derniers jours, il y a eu un gros engorgement : "Le réseau d’accueil individuel est saturé. Vendredi, on a placé 31 personnes mais il ne reste qu’une place à Ostende."

L’offre pourtant déjà renforcée

En temps normal, Caritas dispose de 450 places qui sont passées à 650. "En dix jours, 200 places ont été remplies, les logements viennent à manquer." D’où le souhait d’investiguer si d’autres logements individuels peuvent être mis à disposition par des congrégations, des paroisses, de simples citoyens… Cette aide ne s’improvise pas "car un demandeur d’asile suit un parcours balisé qui démarre via Fedasil qui distribue les demandeurs d’asile. L’organisme les envoie à Caritas sur base de l’adéquation du logement à la composition familiale. Un assistant social veille à accompagner le demandeur d’asile dans ses démarches sociales et juridiques, le guide, veille à le rendre autonome dans le pays ainsi qu’à le préparer à un refus éventuel de sa demande, impliquant un retour au pays" . En quête de logements individuels spécifiques et de studios, Caritas rappelle qu’il y a en fait divers besoins de logements : pour de petites familles avec enfants mais aussi pour des hommes seuls voire pour des mineurs non accompagnés de 17 ans (cela uniquement dans les 19 communes bruxelloises).

Un coup de pouce pratique aussi…

L’accueil en chambre chez l’habitant n’est par contre pas prôné. En outre, le logement doit être opérationnel, équipé de sanitaires et disposer d’un coin cuisine. Si nécessaire, Caritas peut aider à repeindre les murs, à poser un vinyle au sol, ainsi qu’à meubler les lieux.

Caritas International se focalise sur Bruxelles, Malines, Anvers, Ostende, Liège, Seraing, Verviers et Charleroi. Durant l’occupation du logement, un loyer minimum est payé et les charges comme les consommations sont prises en charge. Et un état de lieux marque le départ du demandeur d’asile.

"Le propriétaire engage un bail avec Caritas pour un minimum de six mois, et l’intermédiaire du propriétaire reste Caritas. Cela n’a jamais suscité de soucis. Certes, les loyers ne sont pas dans la moyenne supérieure, mais nous avons besoin que le logement soit décent", précise toujours le porte-parole. Une deuxième série de logements est également utile, pour les demandeurs d’asile dont la demande a été approuvée. Ils sont sis hors des villes précitées mais accessibles en transports en commun. De quoi les inciter à s’intégrer comme citoyens dans le pays et rechercher un travail. Ici, Caritas ne pourra généralement plus suivre le réfugié.


--> Rens. : asile-asiel@caritasint.be ou auprès de Bert Jacobs : 0473.951.462.