Belgique Densification

En 2026, la Wallonie devrait accueillir 200 000 ménages de plus qu’en 2011 : + 13 %. Si quasi toutes les communes verront leur population augmenter, les plus fortes hausses se situeront dans trois zones : est brabançon, nord namurois et Waremme; nord hennuyer; environs d’Arlon.

Autant de demandes de logements supplémentaires. Aura-t-on assez d’espace pour les accueillir ? L’Iweps (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique) vient de publier une étude sur la question.

Nos experts ont retenu trois scénarios. Selon le premier, tout nouveau ménage impliquerait un nouveau logement sur une parcelle vierge, selon une densité équivalente à celle des dernières années. Le deuxième mêle nouveaux logements et création de logements sur des parcelles déjà bâties. Le troisième y ajoute la remise sur le marché de logements inoccupés.

Forcément, les consommations d’espace varient, et beaucoup : ces scénarios requièrent respectivement 22 000, 17 000 et 9 900 ha. Dans les trois cas, les disponibilités foncières wallonnes répondent à la demande, puisqu’on peut les évaluer à 57 000 ha, soit un tiers des zones d’habitat en plans de secteur. Mais la plus grande consommation d’espace peut dégrader l’environnement et créer de fortes tensions sur les marchés fonciers de certains territoires. Et puis, l’analyse locale met en évidence un impact très diversifié. Des communes devront faire face à la saturation de leurs zones d’habitat; elles sont principalement situées dans un triangle entre Bruxelles, Charleroi et Mons. Dans leur cas, un équilibre sera à trouver entre une densification plus forte, une nouvelle offre en terrains à urbaniser et une délocalisation de la demande à l’échelle de bassins de vie. Autrement dit, les densifications de zones déjà denses voulues par la nouvelle politique de l’aménagement du territoire wallon (Sder et Cwatupe) pourraient ne pas suffire partout.

Cela dit, parmi d’autres recommandations, l’Iweps en appelle bien à favoriser la densification au sein des territoires centraux. Mais avec le besoin de rencontrer des problématiques spécifiques "en densités adaptées à chaque noyau urbanisé". Le débat politique (nos éditions de lundi) reste ouvert

www.iweps.be