Cambrioleurs, escrocs et criminels de tout poil ont intérêt à se garer : le trio féminin qui préside aux destinées de la sécurité des Belges est déterminé à agir de concert. Attention : drôles de dames ! Les ministres de l’Intérieur, Joëlle Milquet (CDH), et de la Justice, Annemie Turtelboom (Open VLD) - "les deux anges gardiens de la police fédérale" , dixit la première - encadraient jeudi Catherine De Bolle, la commissaire générale, qui présentait sa lettre de mission. En clair : les objectifs que la première femme à la tête de la police entend réaliser durant son mandat qui court jusqu’à fin février 2017. "Un moment historique" , selon les termes de la ministre Turtelboom qui se plaît à appeler qu’elle fut elle-même la première femme nommée à l’Intérieur depuis que la Belgique existe.

Donc, depuis mars 2012, date de sa prise de fonction, plusieurs projets ont déjà été mis sur les rails pour atteindre la première priorité : un service policier professionnel, efficace et moderne, indique Mme De Bolle. La police doit revenir les deux pieds sur terre et s’ajuster davantage aux demandes réelles de la population et de ses partenaires (police fédérale, magistrats ). Il s’agit, détaille-t-elle, de raccourcir les délais d’intervention et d’attente et d’améliorer l’accueil. Pour y parvenir, une réflexion en cours doit aboutir à une réorganisation, pour simplifier la structure - qui devrait être opérationnelle début 2014. "On veut devenir une organisation flexible, moderne et transparente : on doit rendre compte de nos prestations et de nos résultats."

Un autre groupe de travail planche sur l’impact des changements annoncés dans la justice (passage de 27 à 12 arrondissements judiciaires) sur le fonctionnement de la police fédérale. Les résultats sont attendus d’ici fin 2013.

Avec, toujours en ligne de mire, une meilleure qualité, ce qui nécessite un personnel dûment formé, compétent et respectueux, "qui donne l’exemple" . Le trajet du recrutement, de la sélection, de la formation, de l’accompagnement de la carrière sera harmonisé. Les délais pour la sélection seront écourtés; une nouvelle formation de base pour les inspecteurs sera bientôt testée.

Du côté du Syndicat du personnel de police et sécurité (SNPS), on salue l’accent que la commissaire générale veut mettre sur les valeurs et la transparence. En revanche, le président du syndicat, Gert Cockx, interrogé par l’agence Belga, se montre critique sur la réforme de la formation et de la sélection au sein de la police. "Nous avons déjà perdu huit mois" , souligne-t-il. Selon lui, la direction de la police a produit "dans sa tour d’ivoire" un projet suscitant encore de nombreuses questions. "Mais il y a encore moyen de rectifier le tir."