La trentième édition du festival débute ce mercredi pour se terminer ce week-end. Mais la programmation n’est plus au centre des préoccupations. Le parquet du Limbourg a, en effet, décidé de mettre en place des systèmes visant à décourager les festivaliers à consommer des drogues. Deux nouveautés sont donc présentes dans le cadre de l’événement. D’une part, des boîtes pour jeter incognito sa drogue sont placées à l’entrée des plaines; d’autre part, les amendes pour détention de substances illicites pourront être payées directement sur place via Bancontact.

En fonction de la gravité des faits, le montant à débourser sera décidé à l’amiable. " Mais absolument cent pour cent des cas auront un suivi après le festival", précise Dominique Renotte, porte-parole du parquet du Limbourg. Les actes les moins graves se régleront par la rédaction d’un procès-verbal tandis que les délits plus importants nécessiteront une présentation devant le juge.

Lutter contre la consommation et le trafic de drogue est devenu une priorité pour le parquet du Limbourg. Dominique Renotte explique qu’il y a une prise de conscience du monde actuel et qu’il faut donc investir pour démotiver la consommation de drogue. "Nous désirons que les parents puissent avoir le cœur léger quand ils envoient leurs enfants au festival", ajoute-t-il.

Un nouveau concept critiqué

Selon Sébastien Alexandre, directeur de la Fédération bruxelloise francophone des institutions pour toxicomanes, ce modèle basé sur l’interdiction à la consommation n’aura pas un effet significatif.

Il ajoute que cela n’empêchera pas les festivaliers de consommer, mais qu’ils le feront simplement plus discrètement. "Le parquet a l’espoir qu’avec les boîtes il n’y aura plus de consommation, mais ce n’est pas le cas. Interdire de cette manière empêche le dialogue. Et nous, nous basons notre prévention sur la communication avant tout", ajoute Sébastien Alexandre. Ce nouveau concept ne serait donc pas la solution puisqu’il inciterait simplement à masquer le problème et empêcher la discussion.

Les futurs festivaliers interrogés, quant à eux, trouvent également cette démarche inutile. "Cela ne fonctionnera jamais. Si les personnes achètent de la drogue, c’est pour la consommer et non pas la jeter. Je ne vois donc pas pourquoi ces festivaliers s’en débarrasseraient en la mettant dans ces boîtes", commente Eglantine Nyssen, une étudiante qui participera au Festival Pukkelpop.

Les autres opinions vont dans le même sens. Les participants sont tout simplement dubitatifs et ne voient pas l’utilité de ces espèces de poubelles à drogue.

Camille Hanot, une étudiante qui participera pendant deux jours à l’événement, nuance, quant à elle, ses propos et pense que l’initiative pourrait dissuader les jeunes qui veulent tester pour la première fois et qui sont encore indécis. " Par contre, en ce qui concerne les consommateurs réguliers, je doute fort que cela change quoi que ce soit", ajoute-t-elle.

Les mises en garde, les contrôles de police et les moyens de prévention n’entachent en rien la motivation des festivaliers. L’événement, fort de son succès, était, en effet, déjà sold-out, il y a un mois.