Trois Français et trois Camerounais en correctionnelle. A cause de l’arbitraire policier ?

Ce mercredi, six personnes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Trois Français et trois Camerounais sont poursuivis pour "entrave méchante à la circulation aérienne".

Le 17 août dernier, à l’aéroport de Zaventem, ils prennent place à bord du vol SN371 qui doit les emmener à Douala et Yaoundé, au Cameroun. Ils sont alors témoins d’une scène "choquante", celle du rapatriement forcé d’un migrant sans papiers. L’homme est ligoté aux mains et aux chevilles et est maintenu sur son siège par deux policiers qui l’encadrent. Il se débat, crie et semble étouffer.

Selon l’association "Je ne la boucle pas", qui lutte contre les expulsions violentes, la majorité des passagers de l’avion aurait réagi en refusant de s’asseoir et "en exprimant verbalement et pacifiquement leur indignation face à la violence de l’expulsion en cours".

Face aux protestations des passagers, le commandant de bord aurait ordonné aux policiers d’abandonner l’expulsion.

Toujours selon l’association, plusieurs agents de police seraient remontés à bord de l’avion après en avoir sorti le sans-papiers afin "de désigner arbitrairement, six personnes comme étant les "’meneurs’ des protestations". Selon l’Office des étrangers et son directeur, ces six personnes ont clairement causé une rébellion à bord.

Ce genre d’incidents est devenu rare au départ de l’aéroport de Bruxelles-National depuis que l’Office des étrangers se porte partie civile contre leurs auteurs.

Une manifestation de soutien

Une manifestation est organisée ce mercredi à 8h30, devant le palais de justice de Bruxelles, pour apporter un soutien "aux six héros qui ont réagi avec compassion face à la souffrance d’un être humain", publie la Ligue des droits de l’homme sur son site Internet. "La Belgique a en effet décidé de mobiliser son appareil répressif contre des personnes à qui le seul fait reproché est d’avoir réagi avec compassion face à la souffrance d’un être humain. Ces poursuites sont à mettre en lien avec les déclarations du Secrétaire d’Etat Theo Francken qui annonçait son intention de ‘montrer les dents’ face aux citoyens qui s’indignent de la violence des expulsions."

Septante-huit autres associationsse sont jointes au mouvement, parmi lesquelles le Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (MRAX), la Coordination des sans-papiers, ou encore le Ciré.