Belgique

C'est la mesure la plus immédiate, naturellement la plus visible... et peut-être la plus sûre de tout un plan "air-climat" adopté jeudi par le gouvernement wallon : dès avril, progressivement, l'éclairage autoroutier en berme centrale sera éteint, en Wallonie, de 0 h30 à 5h30. Resteront éclairés des tronçons dangereux ou fort fréquentés (une centaine de kilomètres autour de Charleroi, Liège et Mons), les parkings et les accès/sorties. Quant aux autres routes, une réflexion sera lancée, notamment avec les communes.

Quelque 750 kilomètres sont actuellement éclairés sur les 869 du réseau autoroutier wallon. Cet éclairage pèse 6,7 millions d'euros; et 0,25 pc de la consommation annuelle d'électricité dans la Région. L'initiative permettra des économies financières (une fois compensé le coût des adaptations) et environnementales (une réduction de 7000 tonnes d'émission annuelle de CO2).

Écobonis, écomalis

D'autre part, en Wallonie toujours, est approuvé le principe d'écobonis ou d'écomalis : toute personne qui acquiert un véhicule, neuf ou d'occasion, moins polluant que le précédent se verra récompensée, par une prime graduelle qui pourrait aller jusqu'à 1000 euros. Dans le cas contraire, d'émission aggravée de polluants, l'acheteur écopera d'un mali. Précisons :

- En cas de premier achat, la référence sera une moyenne des émissions totales de CO2.

- Le système peut entrer en application "très rapidement", foi du ministre (PS) Michel Daerden. C'est à voir : les modalités doivent être fixées, après concertation avec les secteurs.

- Le système vaut pour les voitures de particuliers. Les véhicules de société ne sont pas concernés, ou alors à plus long terme. Car pour ceux-ci, il faut s'accorder avec les autres Régions.

- Parallèlement, on n'exclut pas de jouer sur la taxe de mise en circulation, dont une partie pourrait être modulée en fonction de la production de CO2. Mais l'idée est moins avancée. Elle est plus compliquée (il faudrait intégrer les contraintes familiales sur le choix de la cylindrée) et nécessite un accord de coopération. En revanche, il n'est plus question de moduler la taxe de circulation selon l'émission de CO2.

Feux rouges plus verts

Pour le reste, le plan du gouvernement Di Rupo aligne 80 mesures, où alternent décisions et intentions, nouveautés et resucées. Il doit participer, explique le ministre (CDH) Benoît Lutgen, à un effort accru de réduction des émissions de gaz à effet de serre en Wallonie - jusqu'à 10 pc d'ici 2012, davantage que les 7,5 pc convenus en 2004 entre Belges.

Parmi d'autres mesures, on trouve, au rayon public, des actions sur les feux rouges (remplacement progressif des ampoules actuelles par des lampes halogènes, et nouveaux feux à diodes), l'installation de petites centrales hydroélectriques mobiles (une première fin 2007 à Hun), l'introduction du biodiésel aux Tec, le remplacement systématique des chauffages électriques dans les logements publics, l'encouragement au télétravail dans l'administration, la mise en place de conseillers énergie dans les communes, des aides à l'audit énergétique des bâtiments communaux, etc. Au rayon innovation : recherche dans les énergies renouvelables, projets de stockage de CO2 dans les mines, etc. Au rayon économie : cluster énergie, pôle technologique dans les motorisations propres (...à Francorchamps), soutien accru aux investissements protecteurs de l'environnement et à la biométhanisation agricole, amélioration de la qualité de l'air dans des zones affectées (avec extension de la procédure de Marchienne à Engis, Jemeppe et Farciennes), etc.