Ainsi que l’y oblige la loi sur le commerce international des armes, munitions et matériels à usage militaire, le ministre wallon en charge du délicat sujet, Rudy Demotte (PS), a présenté au Parlement régional, lundi, un nouveau rapport semestriel. C’est celui qui couvre les six derniers mois de 2012.

A ce que l’on a pu savoir (car l’exposé devant la sous-commission de contrôle s’effectue toujours à huis clos, sur base d’un document estampillé confidentiel), les chiffres du second semestre 2012 sont les suivants. En Wallonie donc, 662 licences d’exportation définitive ont été approuvées, portant sur une valeur totale de 363,1 millions. Dans le même temps, 6 licences ont été refusées. On peut ajouter que 277 licences d’importation ont été octroyées au cours du même semestre, pour 90,2 millions - en rappelant que la plupart sont accordées aux sociétés reconnues comme fabricants d’armes pour leur production.

Quant aux pays destinataires de la production wallonne, les Etats-Unis précèdent de loin, en nombre de licences (186), la France (74), l’Allemagne (55), l’Espagne et l’Italie (27). Tandis que la destination asiatique reste dominée par la zone proche-orientale toujours ultrasensible (17 octrois pour l’Arabie Saoudite, 10 pour les Emirats et autant vers Oman et le Qatar).

Une bonne cuvée, dans le chef des exportateurs s’entend ? On remarquera d’abord que ces chiffres sont très proches de ceux du premier semestre de l’année dernière, lorsque 699 licences à exportation avaient été octroyées en Wallonie, pour une valeur de 393 millions. Forcément, l’addition des deux semestres peut fournir une indication pour tout 2012.

On dit bien : une indication. Car le rapport annuel à venir (et qui sera, lui, rendu public par après) intègre des chiffres à compléter notamment sur les transactions effectives (car les licences portent sur des transactions potentielles). Il faut d’autant plus être prudent à ce stade que les chiffres cueillis au vol ne peuvent tenir compte de tous les échanges intraeuropéens.

Une image de résistance

Sous réserves donc, voici comment 2012 se présenterait : 1 361 licences à l’exportation, pour un montant de 756 millions. Voilà qui confirmerait deux tendances lourdes : 1° le nombre de licences n’a cessé d’augmenter depuis la première année complète de régionalisation, en 2004 : elles étaient (chiffres définitifs et officiels ici) 1 289 en 2011, 1 137 en 2010, 1 092 en 2009 ou 974 en 2008; 2° moyennant quelques dents de scie, et à prix courants, l’évolution globale des montants en jeu se marque par une progression sur le long terme : les 756 millions encore provisoires sont à comparer aux 644 millions définitifs de 2011, 685 en 2010, 805 en 2009, 688 en 2008, 621 en 2007 Autrement dit, 2012 établirait un nouveau record en dossiers traités et, derrière 2009, représenterait le deuxième meilleur montant (ex aequo avec les 760 millions certifiés en 2006).

Dès lors, en apparence au moins, le secteur ne souffrirait guère ni de la conjoncture générale, ni des remous spécifiques au registre et au terrain régional - le fameux contrat libyen de 2009, ensuite les laborieuses réformes politiques qu’il inspira.