La dégustation des produits de la ferme dans le centre de Bruxelles, mercredi, "c'est notre dernière action symbolique". Le président de l'Algeemen Boerensyndicaat, Camiel Adriaens, menace. "A partir de cette date, le gouvernement a dix jours pour prendre des mesures. Sinon, nous paralyserons le pays, avec des actions à l'aéroport de Zaventem, dans les ports et sur le réseau ferroviaire", a-t-il prévenu dans "Het Laatste Nieuws".

Au centre des revendications agricoles wallonnes et/ou flamandes : les prix - trop élevés à l'achat de carburants ou d'aliments pour le bétail, trop faibles à la vente de la production - et la perspective de la suppression des quotas européens (LLB des 14 et 15/07).

"La Belgique doit se battre contre la suppression des quotas laitiers", estime également la députée écologiste Thérèse Snoy, sans être persuadée d'une unité de vues entre nord et sud du pays à cet égard. Ainsi plaide-t-elle pour "gérer l'offre, limiter nos productions et assurer des prix minimums garantis", assouplir des normes d'hygiène parfois "aberrantes" ou encore assurer un meilleur soutien "aux filières de qualité, locales et plus courtes".

Mais les producteurs laitiers doivent aussi "avoir une réflexion sur leurs coûts de production", insiste-t-elle. Pour les diminuer et "développer un autre schéma de rentabilité", "l'élevage doit devenir de plus en plus indépendant des importations d'intrants et des prix du pétrole", par exemple en produisant sur place la nourriture pour le bétail plutôt qu'en l'important du Brésil. "Les syndicats agricoles devraient le comprendre", martèle Thérèse Snoy. "Ou l'on intensifie à mort, ou l'on choisit une forme plus extensive avec diminution des coûts de production."

Et ce sont ces agriculteurs et éleveurs locaux que la députée veut soutenir, sans nuire aux paysans du tiers-monde au passage. "Il ne faut pas aider les Européens à inonder les marchés à l'exportation, mais à produire pour le marché européen", prône-t-elle. Un soutien agricole qui "privilégierait les bonnes pratiques environnementales, l'emploi rural et le maintien d'une agriculture de proximité", donc, plutôt que les grosses unités d'élevage industriel hors sol ou les cultures céréalières à très grande échelle.

Cela nécessite aussi de ne pas les exposer "nus" au marché mondial dans le contexte actuel de libéralisations. "Il ne faut pas fermer les frontières, mais pas non plus traiter la production alimentaire comme un autre commerce." Or, "la tendance de l'agriculture à se mondialiser et à dépendre du commerce international n'est pas une bonne évolution du tout".