Belgique

Avis de tempête au MR : pour la première fois depuis décembre 2006 et les différentes élections, les libéraux et leurs alliés du FDF se retrouvent dans la position de Poulidor bruxellois. Et ça fait plutôt mauvais genre après la querelle entre Armand De Decker et Françoise Bertieaux sur la manière d’appréhender le problème de la violence dans la capitale

En matière d’intentions de vote, les socialistes reprennent ainsi la main avec 0,4 % d’avance alors qu’ils avaient encore 5 % de retard lors du baromètre de décembre dernier ! Après avoir devancé la famille réformatrice de 0,73 % aux régionales de 2004 où il engrangea un siège de plus que son principal concurrent, le PS avait mené la course en tête pendant 7 baromètres consécutifs. Il atteignit même le nirvana au baromètre de septembre 2005 avec 4,4 % d’avance mais depuis lors, à l’exception de septembre 2006, il fut toujours devancé par les bleus et leurs alliés amarante.

Pourtant, comme on le verra au classement de la popularité des hommes et des femmes politiques, seul le ministre-président Picqué émerge vraiment dans le camp rouge et, osons-nous conjecturer, plus pour ses positions empreintes d’un certain bon sens bruxellois que pour l’idéologie socialiste, notamment lors de la poussée de fièvre sécuritaire du début du mois de février.

Comment expliquer le nouveau recul du MR ? Une part de la réponse réside dans la présence sur la scène bruxelloise du Parti Populaire. Certes, avec 3,9 % des intentions de vote, le nouveau "parti de la droite décomplexée" n’entrerait pas au Parlement mais a de quoi troubler le sommeil des pontes libéraux.

C’est que le recul du MR ne profite à aucun autre parti : Ecolo qui flirtait avec les 20 % en décembre retombe à 15,6 %. Une conséquence peut-être de la gestion des problèmes de la station d’épuration par la ministre Huytebroeck. Quant au CDH, il poursuit sa descente aux enfers, étant plus que jamais la 4e formation à Bruxelles. Et ce n’est pas le FN qui en profite : il fait du surplace.

Du côté flamand, pas de surprise : l’Open VLD incarné par Guy Vanhengel progresse alors que le CD&V cale, lui, à 1,5 %, ne parvenant pas à engranger de dividendes des prestations de son nouveau leader, Steven Vanackere. La N-VA, sans personnalité charismatique gagne 0,5 % et reste "le" parti des Flamands extrêmes de la capitale face à la LDD qui stagne au niveau de ses résultats des régionales de 2009.