La famille réformatrice patine incontestablement à Bruxelles de baromètre en baromètre depuis les élections législatives du 10 juin 2007. De fait, avec ou sans divorce entre les chrétiens-démocrates et leurs alliés nationalistes de la Nieuw-Vlaamse Alliantie, les libéraux et leurs alliés du FDF font du sur place avec 28,3 pc des intentions de vote.

Pire, c'est quand même une perte de 1,5 pc par rapport au sondage de juin dernier et elle s'élève à 3,7 pc si l'on retourne au verdict des urnes législatives de l'an dernier !

Un MR trop francophone ?

On en viendrait à se demander si le discours souvent jusqu'auboutiste d'Olivier Maingain ne finit pas par être défavorable au MR. A moins que ce ne soit l'absence d'un véritable leader bruxellois depuis la disparition tragique de Jacques Simonet au lendemain du scrutin de 2007...

L'on ne peut pas dire que cela va mieux pour le Parti socialiste puisque celui-ci aussi poursuit sa dégringolade récurrente.

Et s'il n'y avait pas Picqué ?

En effet, il n'obtiendrait que 18,6 pc des votes, ayant même perdu 0,6 pc supplémentaires depuis la fin du cartel flamand ! Et si l'on compare avec les derniers résultats électoraux la descente aux enfers se traduit par une perte de 3,9 pc ! L'on verra qu'il y a ici un sérieux contraste avec la popularité de Charles Picqué qui après une longue traversée du désert se hisse dans les cimes du hit-parade...

Par contre et à l'inverse, tant le CDH qu'Ecolo continuent à grignoter des points. Oh, la progression est plus lente que vraiment spectaculaire mais elle n'en est pas moins permanente depuis le début de l'année.

Avec quand même un élément neuf dans notre nouveau baromètre puisque les écologistes viennent de sauter à deux reprises les centristes humanistes, les dépassant de 0,2 pc, avec 17,2 pc des intentions de vote. On notera que par la même occasion, l'écart avec le Parti socialiste continue à diminuer tout aussi lentement que sûrement...

Du côté francophone encore, le Front National ne profite pas davantage aujourd'hui qu'hier de la mise à l'écart de Daniel Feret. Au contraire, puisque les intentions de vote sont inférieures aux résultats de juin 2007.

Un frémissement du Belang

Et du côté flamand alors ? Peut-on parler d'un effet "cartel écartelé" ? Pas vraiment pour ce qui concerne les intéressés : avant la scission, le CD&V et la N-VA obtenaient 1,5 pc; après leur séparation brutale, ils enregistrent séparément 0,9 et 0,6 pc des voix. Une distinction toute théorique cependant car à Bruxelles, la Nieuw-Vlaamse Alliantie n'a pas la moindre figure de proue !

Par contre, contrairement aux baromètres précédents, le Vlaams Belang reprend du poil du lion jaune et noir. Les extrémistes passent en effet de 2,1 à 3 pc, retrouvant pratiquement leurs chiffres des élections de juin 2007. Par contre, la Lijst Dedecker perd un pour cent dans la bagarre et n'apparaît plus comme un challenger de pointe pour l'hégémonie de la classe politique bruxello-flamande.

L'Open VLD de Guy Vanhengel n'en demeure pas moins l'incontestable leader des partis flamands dans la capitale avec 3,6 pc des intentions de vote alors que le cartel du SP-A et des Vlaamse Progressieven retombe sous la barre des 2 pour cent avec la perte de pratiquement un tiers de ses électeurs suite à la rupture de l'autre cartel. On notera pour ces deux partis que les évolutions ont été directement influencées par le divorce entre Thyssen et De Wever.

© La Libre Belgique 2008