Deux petits coussins se gonflent en cas de collision pour empêcher un mouvement brusque de la tête du bambin.

Dorénavant, même les tout-petits ont droit à la pointe de la technologie en cas d’accident de voiture. En effet, la marque Maxi Cosi (Bébé Confort en Belgique) a eu l’idée de proposer le tout premier siège auto pour enfant avec airbag. Le petit nom de ce bijou : Air Technology. La marque a d’ailleurs été primée au salon de Pologne, remportant le prix de l’innovation.

Concrètement, le système détecte une collision et gonfle en un clin d’œil les deux coussins logés dans les harnais. En tout, le processus prend cinquante millièmes de seconde pour se gonfler et amortir la tête doucement. "C’est une technologie qui est très bonne, bien évidemment. Cela va permettre d’éviter le coup du lapin chez les enfants", commente-t-on à l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR), qui n’a pas encore effectué de tests sur ce nouveau modèle.

Le principal atout en termes de sécurité, comme souligné par l’IBSR, c’est qu’en cas de collision frontale, les forces qui s’exercent sur le cou de l’enfant seraient réduites de 50 % par rapport à un siège standard. Le déplacement de la tête, lui, serait réduit de 20 %.

La marque stipule qu’il n’y a pas danger d’étouffement dans la mesure où l’airbag se dégonfle immédiatement après l’impact. Ainsi, votre enfant n’a pas le temps de souffrir du système de sécurité. "Cette technologie, aussi bonne soit-elle, ne doit pas jeter l’opprobre sur le reste des sièges pour enfant. Ils seront sûrement plus chers que la moyenne. Or le plus important reste que l’enfant soit bien attaché, dans un siège adapté à son poids et à sa taille. Il est plus en sécurité dans un siège adapté sans airbag que dans un siège trop petit avec airbag", conclut Benoit Godart, porte-parole de l’IBSR.

4 % des conducteurs n’attachent jamais leurs enfants

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Une étude récente de l’IBSR montrait que seul 1 enfant sur 3 était correctement installé dans un siège auto adéquat

Dans l’enquête de comportement effectuée par l’IBSR, les Belges se sont exprimés sur les principaux thèmes de sécurité routière. Nous vous livrons en exclusivité les résultats concernant les sièges pour enfant. Ceux-ci sont particulièrement alarmants.

Premier fait inquiétant, lorsqu’on demande aux Belges la fréquence à laquelle ils attachent leur enfant de moins d’1m35 dans un dispositif de retenue adapté, 84 % répondent "toujours", ce qui est mieux que lors de la mesure précédente (2012) mais moins bien qu’en 2006 où 90 % répondaient "y penser à chaque fois". 7 % répondent"y penser habituellement", 85 % "parfois" et fait particulièrement inquiétant, 4 % répondent ne jamais attacher leur enfant. "Il serait par ailleurs utile d’améliorer les aspects techniques et ergonomiques des sièges autos afin de faciliter leur utilisation", détaille l’IBSR.

Si l’institut égratigne les fabricants, c’est parce que de plus en plus de personnes trouvent les modes d’emploi de ces sièges compliqués. Selon l’enquête de l’Institut, 31 % des Belges considèrent que les modes d’emploi des sièges pour enfant ne sont pas clairs. "Ce sont surtout les personnes plus âgées qui éprouvent des difficultés à comprendre le mode d’emploi. À une époque où les enfants sont trimbalés un peu partout par les grands-parents, c’est assurément un point à tenir à l’œil. Les marques de sièges autos doivent absolument faire des efforts pour rendre leurs modes d’emploi compréhensibles pour le commun des mortels", commente Benoit Godart, porte-parole.

L’IBSR est "également favorable à l’obligation d’équiper tous les nouveaux modèles de voiture d’un système d’avertissement du non-bouclage de la ceinture à l’arrière. Cette obligation n’est cependant possible que si une réglementation européenne est mise en place."

Pour finir, on regrettera que de nombreux parents adoptent inconsciemment des réflexes dangereux pour leur petit. Selon une étude d’une compagnie d’assurance canadienne baptisée Allstate, les vêtements peuvent ainsi sérieusement diminuer la sécurité d’un enfant dans un siège auto.

Lorsqu’un enfant est attaché dans son siège, sa sécurité peut être compromise s’il porte des vêtements trop épais, parce qu’ils empêchent de serrer adéquatement les sangles.

En cas d’arrêt brusque, l’enfant peut être projeté vers l’avant, entraînant la compression des vêtements. Il se crée alors un espace dangereux entre la sangle et l’enfant, qui risque de l’éjecter de son siège. Selon l’étude, deux parents sur cinq mettent des vêtements trop épais et volumineux à leurs enfants lors des déplacements en voiture.