La Belgique et les Pays-Bas ont signé mercredi une déclaration d'intention visant à instaurer d'ici 2016 une surveillance conjointe de l'espace aérien du Benelux par leurs avions de chasse respectifs, renforçant ainsi la coopération instaurée entre Bruxelles et La Haye, devenue plus nécessaire par l'achat de nouveaux chasseurs F-35 pour la force aérienne néerlandaise. Cette "lettre d'intention" (LoI) a été signée par les ministres de la Défense des deux pays, Pieter De Crem et Jeanine Hennis-Plasschaert, en marge d'une réunion ministérielle au siège bruxellois de l'Otan, ont précisé le cabinet de M. De Crem dans un communiqué et le ministère néerlandais de la Défense de manière plus complète sur son site internet.

La "lettre d'intention" doit à terme se traduire dans un traité formel - car les implications juridiques d'une telle coopération sont nombreuses, notamment en cas de détournement d'un avion.

Il s'agit d'assurer conjointement la mission de "police aérienne" au dessus du territoire du Benelux, en particulier pour les tâches de décollage d'alerte (en anglais "Quick Reaction Alert", QRA) et de procédure appelée "Renegade" (destinée à identifier un avion "suspect" - qui s'avère la plupart du temps être un appareil civil en panne de radio ou dont le pilote n'utilise pas les bonnes fréquences). Bruxelles et La Haye s'attendent à ce que cette coopération débute en 2016.

La lettre d'intention s'inscrit dans la foulée de la déclaration d'intention renforçant la coopération en matière de défense signé le 18 avril 2012 par les ministres des trois pays. Elle ouvre la voie à la conclusion d'un traité "à court terme", selon La Haye qui explique que cette nouvelle forme de coopération militaire est rendue nécessaire par l'achat, annoncé le mois dernier, de 37 nouveaux chasseurs de type F-35 "Lightning II" pour remplacer ses F-16 vieillissants.

Dans une lettre adressée mercredi au parlement néerlandais, Mme Hennis-Plasschaert explique "l'important intérêt" qu'elle porte à cette nouvelle forme de coopération avec la Belgique et qui permettra de rendre davantage de pilotes néerlandais disponibles pour des missions internationales.

La force aérienne néerlandaise ne disposera en effet que de 32 F-35 (alias "Joint Strike Fighter", JSF) sur le territoire national - les cinq autres étant basés aux Etats-Unis "de manière permanente" pour l'entraînement - et de 29 pilotes "combat ready" (pleinement opérationnels). Ce qui est insuffisant pour effectuer à la fois les vols d'entraînement au quotidien aux Pays-Bas, assurer la permanence liée au QRA 24 heures sur 24 et participer avec quatre avions à une mission à l'étranger (ce qui exige huit pilotes).

Selon le cabinet de M. De Crem, les forces aériennes des deux pays ont conclu, après études, que cette coopération ne posait aucun problème technique ou opérationnel.