Le chef présumé d'un réseau d'islamistes récemment arrêté au Maroc, Abdelkader Belliraj, soupçonné d'avoir commis plusieurs meurtres en Belgique, a été pendant des années un informateur des services de renseignement intérieurs belges, selon plusieurs médias.

L'homme, de nationalité belgo-marocaine, a travaillé avec la Sûreté de l'Etat belge "pendant plusieurs années", a affirmé vendredi le quotidien flamand De Standaard sur son site Internet, sans citer de sources. La chaîne de télévision flamande VTM précise pour sa part qu'il a été informateur pendant huit ans.

Un porte-parole du ministère de la Justice, dont dépend la Sûreté de l'Etat, s'est refusé à confirmer ou infirmer l'information.

Abdelkader Belliraj, 50 ans, a été arrêté le 18 février au Maroc, avec plusieurs autres personnes, en possession d'un important arsenal d'armes à feu. Il est soupçonné par le Maroc d'avoir dirigé un réseau d'islamistes et d'avoir commis six meurtres en Belgique à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

Selon une source judiciaire belge, les autorités marocaines soupçonnent le chef présumé du réseau islamiste de trois assassinats politiques en Belgique en 1989.

Il s'agit de celui d'un représentant de la communauté juive et de deux responsables musulmans qui avaient pris leurs distances avec la fatwa prononcée à l'époque par l'Iran à l'encontre de Salman Rushdie, après la publication de son livre "les Versets Sataniques".

L'homme aurait aussi à son compte, selon la presse belge, un quatrième meurtre politique, celui d'un chauffeur égyptien de l'ambassadeur d'Arabie Saoudite en Belgique, Samir Gahez-Rasoul, 24 ans, tué par balles le 20 juin 1989. La victime aurait été prise pour un diplomate.

Les autorités belges se sont toutefois montrées très prudentes jusqu'ici face à ces accusations. Plusieurs des membres du groupe Belliraj, écroués dans le pays pour appartenance à un "réseau terroriste", encourent la peine de mort. Au total, 35 personnes sont poursuivies.